Livres

AJAR
Rolle à pied d'oeuvre
Photographies et textes
Parution mai 2014
ISBN 978-2-9700745-8-8
78 pages
22 fr.
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Grandir dans les vignes, il n’y a que ça de vrai. C’est ce qu’il prétendait, répétait à qui voulait l’entendre. Il ajoutait que si le monde allait mal aujourd’hui, c’était que trop peu d’enfants avaient poussé sous les treilles, mangé de l’essaim de moucherons, mordu à pleines dents du raisin trop vert. Grandir dans les vignes : il en parlait souvent.

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CRITIQUES 

UN GUIDE TOURISTICO-LITTÉRAIRE

«Rolle à pied d’œuvre» est un ouvrage lorgnant tant du côté du recueil d’histoires courtes que du guide touristique. L’opuscule doit son caractère hybride à la démarche des auteurs d’ancrer des récits fictionnels dans des lieux bien réels. Au gré des pages et des six lieux revisités par les auteurs, Rolle se mue alors en scène de théâtre de la vie quotidienne peuplée de personnages parfois plus vrais que nature. Une frontière entre imaginaire et réalité rendue si infime qu’elle en a de quoi troubler le lecteur, voire les auteurs eux-mêmes. Une anecdote particulièrement savoureuse livrée au cours de l’entretien par Anne-Sophie Subilia, en est d’ailleurs une parfaite illustration: «L’une des personnes présentes lors de la balade nous a avoué que c’était sa maison que nous avions dépeinte dans l’un de nos récits. C’était troublant!» Preuve s’il en est que s’émerveiller commence souvent par un simple pas de côté. 

L'écho rollois et aubonnois, vendredi 25 juillet 2014, Daniel Gonzalez

 

Un titre qui se conjugue au pluriel : quinze auteurs romands de la Maison éclose explorent les désirs sous toutes leurs formes, érotiques, poétiques ou mystiques. Huit artistes graveurs de l’atelier Le Poisson Bouge mêlent leurs regards aux nouvelles, dévoilant des paysages intimes et multiples. Les auteurs chuchotent et nous captivent par la grâce de leur timbre, par le cheminement des histoires, géographies des plus inattendues. Deux CD accompagnent le livre. 

Kitsune

Amélie Ardiot
Kitsune
Roman
Parution septembre 2007
ISBN 2-9700429-6-7
104 pages
25 fr.
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C’était la première fois que j’allais chez Hugo. Hugo, my friend. Il était venu faire sa thèse à Lausanne à cause des montagnes qui poussaient directement dans le lac, expliquait-il, et aussi parce qu’il aimait passionnément le français depuis qu’il avait entendu Béatrice Dalle héler un taxi dans Night of the world.

Kitsune raconte un voyage entre Lausanne et les landes écossaises avec, détail non négligeable, un petit détour par le Japon. L’architecture du roman, qui nous parle d’amitié, d’amour et d’envoûtement, est parfaite. Le lecteur, emporté par ce texte magique à l’imagination foisonnante, ne le quitte qu’à regret. Une écriture musicale, poétique, au service d’un texte, qui nous invite à sa façon à rencontrer un peu de mythologie japonaise. Après la lecture, les mots bourdonnent encore longtemps à nos oreilles.

Sélection du prix des auditeurs de la RSR 2008
 

CRITITQUES

"Le premier roman d'Amélie Ardiot entrelace une étrange légende japonaise aux landes écossaises et aux rues de Lausanne: Kitsune excelle à créer une atmosphère inquiétante sous la banalité des apparences, distillant à petites doses une tension qui fait mouche. [...]
Amélie Ardiot déroule son intrigue dans une écriture rapide et sensible, au gré de ce roman structuré comme un polar - indices subtils, atmosphères brumeuses, parfum de mystère - pour finir dans la magie d'un conte."

(APD, Le Courrier, 8/12/2007)

"Il en a inspiré, des cauchemars de bonheur tragiques, l'archétype de la renarde, la redoutable, ensorcelante femme renarde qui court dans les collines... Pour son premier roman publié, Amélie Ardiot enlace avec élan ce thème japonisant et le renouvelle par une audacieuse insertion dans un contexte lausanno-écossais qui tranche doublement. Et tisse son motif mythique sur la toile d'une amitié virile, née de l'humour et de la connivence, que va détruire un amour étrange.
Le récit habilement construit mène de façon plausible de l'Université  à un château des Highlands - où on chasse le renard... - avec un intermède décisivement nippon au théâtre de Vidy!
La romancière fait du "je" narrateur un scientifique timoré et casanier qui s'accorde parfois des témérités. Le ton sonne juste, et le sens des atmosphères, les fines observations, les subtilités glissées dans un style pourtant rapide font qu'après avoir savouré les parfums sensuels de ce récit long en bouche, on attend le prochain roman."
(J.PG, 24 heures, 30/11/2007)

"Le premier roman d'Amélie Ardiot, une jeune écrivaine romande, s'avale d'une traite. [...] Le texte d'Amélie Ardiot sonne comme une étrange mélodie. Les mots s'égrènent au fil des pages tels des notes entraînant le lecteur vers l'inconnu, lui ouvrant une voie parsemée d'agréables surprises."
(www.murmures.info/index.php?kro=4707&action=view, juillet 2008)

Emma Vieusseux
Nouvelles d'antan
Nouvelles
Parution août 2016
ISBN
pages
fr.
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Arthur Brügger
Ciao Letizia

Parution avril 2012
ISBN 978 2 9700745 2 6
219 pages
épuisé fr.
Sans un mot, elle monte à l’étage. Lorsqu’elle revient, elle a une énorme paire de ciseaux dans la main droite, un baquet dans la main gauche. Letizia, terrifiée, ne fait pas un geste. La mère saisit une mèche des si longs cheveux de sa fille. Elle ouvre les ciseaux, et, délicatement, à quelques millimètres à peine du crâne, elle la coupe. La petite fille sent le métal froid contre sa tête. Les cheveux tombent dans la main de la mère. Elle les enroule et les laisse tomber dans le baquet, à ses pieds. Elle continue. Une deuxième mèche, une troisième. Letizia reste immobile, les yeux fixés sur le sol, sur le carrelage brillant, où elle voit le reflet flou de son visage perdre ses cheveux. Elle se voit devenir chauve comme la mort. Au même endroit, comme l’autre fois, avec le père, dans le fond de la cuisine. Et comme l’autre fois, elle ne se défend pas. Le lendemain, Marie va vendre le tas de cheveux qu’elle a récupéré. Ils sont très beaux, en assez bon état, et si longs qu’elle en tire une belle somme, grâce à laquelle, comme elle l’a prévu, toute la famille peut manger pendant des semaines.

Arthur ne ménage pas ses efforts pour reconstituer la vie de sa grand-mère. De l’Italie du Nord à La Chaux-de-Fonds, en passant par le Tessin, une mosaïque sans concession prend forme, morceau par morceau. S’il interroge ses souvenirs, questionne les membres de sa famille, foule les lieux importants, l’auteur n’est pas pour autant dupe : par-delà les faits, le portrait de Letizia demeure une reconstitution infidèle et fantasmée de celle qui fut sa grand-mère. Au fil des pages, un récit passionnant et bouleversant de sincérité saisit le lecteur qui ressort ému et grandi de cette lecture.

CRITIQUES:

"Chez Encre Fraîche, voici encore une évocation du passé. Par un jeune auteur, cette fois, Arthur Brügger. Pour un premier récit, l'affaire est rondement menée. (...) D'une plume certaine, Arthur Brügger conduit son récit, déroule la trame de toute une vie qui mènera la grand-mère de la Vallée d'Aoste au Jura, en passant par le Tessin. Une vie de lutte et de souffrance, ponctuée de deuils, d'obstacles et de désespoir. Aucun pathos, pourtant, chez cette jeune plume qui estime qu'il ne sert à rien de souffrir avec elle. Les anecdotes fourmillent, le récit se faufile dans la vie, belle et tenace. On lit d'un trait ce livre qui en appellera d'autres." (Serge Bimpage, La Vie protestante, novembre 2012)

"Une "vieille d'âme", ainsi le petit-fils définit-il sa grand-mère. Il ne ménage pas sa peine pour retracer la vie de Letizia. De l'Italie du Nord à l'arc jurassien via le Tessin, un puzzle se forme. Entre amour, misère, deuil et ténacité, un récit bouleversant saisit le lecteur. "Ciao Letizia" dresse le portrait d'une femme qui a lutté et souffert Au point que "cela ne sert plus à rien de souffrir avec elle". L'écrivain invite chacun à utiliser son empathie de façon positive, pour comprendre et soutenir celle qui, jeune, quitta ses Alpes et migra en Suisse. "J'espère que vous ne vous sentirez pas triste", note Arthur Brügger. Au-delà de la dureté des temps, le récit est semé d'anecdotes, de petits et grands événements tristes ou souriants, nourri de questions que l'auteur a posées à ses proches. S'il a visité des lieux sur les traces de Letizia, une partie de l'histoire reste rebelle à tout verbatim. Il a fallu recréer, fantasmer sur cette vie, ce qui n'ôte rien à la sincérité du ton." (Marc-Olivier Parlatano, Le Courrier, 08/09/2012)

 

François Jolidon
Le point de vue de la sardine

Parution août 2016
ISBN
pages
fr.

Est-ce que vous aimez les boîtes de sardines ? Ouvrez celle-ci, elle est spéciale. Elle renferme dix-sept nouvelles énigmatiques, tirées de faits divers ou d'événements importants, que le lecteur devra trouver, ainsi que l'identité de chaque narrateur. Le but ? Avant tout, s'amuser à débusquer les indices semés comme des petits cailloux le long du texte. Et dans chaque illustration. Enfin vérifier si son diagnostic est correct.

Olivier Chapuis
Nage libre

Parution avril 2016
ISBN 978 2 9701061 0 4
145 pages
22 fr.
ou acheter avec
La piscine est une sorte de microsociété qui rappelle la Suisse, en miniature. On en sort plus facilement qu’on y entre, le site est surveillé, nettoyé dans les moindres recoins, les haies ne dépassent pas la hauteur réglementaire, le bruit dérange, les écarts sont mal vus, il faut nager sans éclabousser les autres, les gros, les blacks et les poilus sont regardés d’un œil torve même si personne ne dit rien. Dans l’ensemble, les baigneurs s’y sentent en sécurité même si, de temps en temps, l’un d’entre eux boit la tasse ou s’effondre, victime d’une insolation. Preuve qu’au Paradis, la vie n’est pas forcément sans souci.

Olivier Chapuis plonge le lecteur dans l’univers faussement rassurant de la piscine de P* en été. Pourtant, une tragédie menace le héros de cette histoire racontée d’une plume légère, mais caustique. Atteint du syndrome de Balthasar, échappera-t-il à sa transformation intérieure en animal ? Une aventure à lire les pieds dans l’eau, mais le regard aux aguets. 

CRITIQUES:

- Stella Noverraz, blog, 23 juin 2016, https://www.bouquiner.ch/5822-nage-libre-de-olivier-chapuis 
"Comment réagirais-je si j’étais atteinte du syndrome de Balthasar ? Que voudrais-je faire de mes derniers moments d’humain ? Aurais-je des regrets ? Ce sont les questions qui nous viennent lorsque l’on traverse les pages de « Nage libre ». C’est un roman qui nous questionne. Si ma vie s’arrêtait aujourd’hui, serais-je heureuse de la manière dont je l’aurais vécue ?
Avec ce côté animalier moins imposant qu’imaginé, « Nage libre » a un fond très humain. Merci Olivier Chapuis pour cette lecture que j’ai adoré !"

- Daniel Fattore, blog Fattorius, 14 juin 2016, http://fattorius.over-blog.com/2016/06/olivier-chapuis-une-vie-de-chien-a-la-piscine.html 
"Deuxième roman de l'écrivain après le réussi "Le Parc", "Nage libre" interroge la frontière entre animalité et humanité, voire la notion d'identité. Et aussi, c'est évident, il approche la question des maladies orphelines, trop rares pour être solidement définies. Que le lecteur se rassure: l'auteur a le chic, et c'est sa force, de faire passer ces thématiques graves avec un bel humour.
(...) Derrière le recul et l'ironie, derrière les dialogues un brin décalés qui font sourire, l'écrivain vaudois s'avère réfléchi, profond même face à des thèmes graves. C'est avec justesse qu'il met en scène un personnage atteint d'un mal incurable et méconnu (on ignore même si c'est contagieux) et sa lutte, nécessairement personnelle. La forme du journal, prétendu authentique, et la rédaction à la première personne sont des procédés qui suscitent l'empathie du lecteur. Un lecteur qui va immanquablement s'interroger, au fil des pages, sur sa propre part d'animalité."

- Ivana chronique, blog, 7 juin 2016, http://ivanachronique.blogspot.ch/2016/06/nage-libre-olivier-chapuis.html 
" Je dois avouer qu'à travers une lecture qui paraît assez simple et par le biais d'une écriture très fluide, Olivier Chapuis réussit à nous faire nous poser beaucoup de questions sur la condition humaine et sur notre place dans ce monde. 
Je vous conseille donc cette lecture si vous voulez lire quelque chose de profond, mais qui ne sera pas compliqué du tout et qui peut faire passer un message différent à chacun. En effet, je pense que chaque lecteur peut vivre différemment cette lecture."

- Marie-Sophie Péclard, blog L'agenda, 19 mai 2016, https://bloglagenda.wordpress.com/category/litterature/ 
"L’observation quotidienne par le narrateur est ainsi prétexte à la critique sociale mais aussi aux rencontres décalées. Ces personnages loufoques et réchappés des clichés pourront peut-être aider le narrateur à sortir des sentiers battus, à s’affranchir des codes et trouver sa « nage libre ». Ces rencontres, souvent caustiques, insufflent un ton surréaliste rafraîchissant qui s’associe très bien au suspens qui plane sur la lecture de ce journal: le narrateur va-t-il finalement mettre à exécution son projet morbide ?"

- Francis Richard, blog, 7 mai 2016, http://www.francisrichard.net/2016/05/nage-libre-d-olivier-chapuis.html 
"Le lecteur apprendra donc, ou pas, pendant les trente jours qui suivent les résolutions qu'il a prises, si le narrateur fera la connaissance d'une femme, s'il parviendra à la mettre enceinte, si sa maladie aura continué d'évoluer et s'il mettra son projet de fin ultime à exécution. En tout cas cette maladie tombe à point nommé pour le faire, le point, puisque, traducteur-adaptateur indépendant pour des agences de publicité, il a décidé il y a six mois d'arrêter.
Ces trente jours sont l'occasion pour le diariste d'observer, par beau ou mauvais temps, le microcosme d'une population piscinophile, une Suisse en miniature. Il le fait avec humour, un humour, qui allège ses lourdes réflexions et se prolonge dans ses échanges avec de jolies femmes ou avec Monique, petite, mafflue, ventripotente, pas du tout le genre de femmes qui peuplent les rêves des hommes... ou encore avec un présentateur télé, qu'il ne possède pas..."

Marie Chardon
La mémoire effacée

Parution avril 2015
ISBN 978 2 9700928 4 1
136 pages
22 fr.
ou acheter avec
La fillette sort de la chambre de son frère, marche dans le couloir du deuxième étage, passe devant la porte du grenier, puis se dirige vers le grand escalier. Elle se tient fermement à la rampe et descend à la rencontre de sa mère. Elle va l’aider à sortir les commissions de son coffre. C’est tout, c’est fini! La vision s’arrête net. Le corps de l’enfant reprend une taille adulte. Ces souvenirs sont revenus l’espace d’un instant. J’ai vu la fillette, la «fille unique» dont le tableau était sur le mur du salon, passer devant moi. Elle avait le regard vide d’un fantôme, une morte vivante. Comment maman n’a-t-elle pas remarqué cela? La fillette a accéléré l’allure. Le vieux bois de l’escalier a grincé sous ses pieds. Et puis elle a entendu: «Mimi, Mimi-pinson.» Et elle a souri, la vie reprenait.

« C’est arrivé chez nous, sous notre toit, à la maison, au sein d’une famille ‹ bien comme il faut ›, un peu bourgeoise, catholique, pratiquante. Dans cette ville de province, mes parents sont respectés, soucieux du ‹ qu’en-dira-t-on ›. Une éducation religieuse avec des règles strictes n’a pas que du bon,  mon histoire le prouve. J’ai mis une quarantaine d’années avant de parvenir à dénoncer un crime. J’analyse ‹ mon enfance abîmée › et les conséquences sur ma vie d’adolescente et d’adulte. Il reste encore pas mal de pages blanches dans mon récit. Le temps comblera peut-être ces lacunes… ou pas. C’est égal ! Je suis allée jusqu’au bout, pour essayer de continuer à mener une vie ‹ normale ›. »  

Marie Chardon

CRITIQUES :

"Pour moi ce livre mérite vraiment d'être lu, j'ai ressenti des émotions a travers les mots de l'auteure, j'ai eu la gorge nouée, été triste... Lisez le. Pour la beauté de l'écriture que j'ai personnellement trouvé très agréable mais aussi parce que le lire peut faire comprendre certaines choses et pourrait aider ceux qui ont vécus la même situation. 
 La partie la plus difficile fut bien entendu quand les souvenirs lui reviennent, chose qu'elle a su parfaitement retranscrire. Je ne veux pas en dire plus pour que vous le découvriez par vous même. J'ai frôlé le coup de cœur avec ce livre, je ne peux pas mettre une note inférieure... 20/20"

- Le blog bouquiner.ch, 18 juin 2015, http://www.bouquiner.ch/4238-la-memoire-effacee-de-marie-chardon 

Elle l’annonce au début, Marie Chardon est un pseudonyme. Une façon, peut-être, pour que « son » secret soit écrit, mais qu’il ne soit pas dévoilé, pour épargner à ses parents le « regard des autres » et les « qu’en-dira-t-on ». Je trouve cette femme courageuse, car il est difficile de percer à jour certains souvenirs, ceux qui abîment ce que l’enfance aurait dû être joie, elle est aussi courageuse d’avoir porté ce secret si longtemps. Il n’y a pas de mots assez fort pour décrire ce livre. La force, la fragilité, et la persévérance de Marie Chardon en font un témoignage bouleversant et intense ! 
Si l’on revient à l’aspect « littéraire » de ce livre, j’ai adoré son écriture, elle est délicate, vulnérable, tendre, mais aussi impitoyable et perçante. Les chapitres font quelques pages, des fragments de ses souvenirs, de ses oublis, de sa (re)construction, de l’espoir d’avancer.
J’ai hésité à « apposer » le label « Coup de coeur » à ce livre, car le style d’écriture est magnifique, mais par respect pour les souffrances de l’auteure, je n’en ferai rien.

- Le blog de Francis Richard, 19 mai 2015, http://www.francisrichard.net/2015/05/la-memoire-effacee-de-marie-chardon.html

"La mémoire humaine est sélective. Elle n'obéit pas à l'esprit comme il le voudrait. Souvent, mais pas toujours, c'est bien pour le protéger, contre lui-même. Les épisodes malheureux de la vie s'estompent alors et les heureux prennent un plus grand relief. 
Marie Chardon, qui est un pseudonyme, dans La mémoire effacée, essaie de reconstituer des pans entiers de sa vie, quand elle était petite fille, que sa mémoire refuse de lui révéler et qui ne sont pas sans avoir encore une terrible incidence sur sa vie d'aujourd'hui, quarante ans après.
En écrivant ce récit, Marie Chardon se délivre d'un secret de famille qu'elle a gardé pendant longtemps par devers elle et qui lui a empoisonné l'existence. Car elle a été victime d'un abus. Ce qui semble être souvent le cas au sein de familles que l'on pourrait croire le plus à l'abri.
Marie est la petite dernière d'une fratrie de sept enfants dont l'aîné a dix ans de plus qu'elle. C'est une famille apparemment heureuse, de religion catholique, pratiquante. La mère de Marie éduque ses enfants avec tendresse et fermeté. Le père de Marie rapporte l'argent à la maison.
La mère de Marie est issue d'une famille bourgeoise provinciale. Les origines du père de Marie sont plus modestes, mais à la faveur d'une rencontre avec un banquier, soigné comme lui pour une tuberculose dans le même sanatorium, il a gravi tous les échelons de la banque et est sans arrêt en vadrouille pour affaires.
Quand elle le peut, petite fille, Marie se réfugie dans sa cabane, perchée à cinq ou six mètres de haut. Pourquoi, à cette époque-là, participe-t-elle à des cérémonies funèbres? Il lui faudra des années, jusqu'à récemment, pour comprendre que c'était pour enterrer une partie d'elle-même.
Quand la sensualité de Marie s'éveille, elle ne peut pas aller au-delà des préliminaires avec les garçons, notamment avec François, qu'elle n'a jamais cessé d'aimer, mais avec lequel elle a toujours été incapable d'aller plus loin, saisie soudain, au dernier moment, par une peur irrépressible.
Marie ne connaîtra une "première fois", qui en fait n'en sera pas une, qu'après avoir ingurgité un coca contenant de l'alcool ou de la drogue, lors d'un séjour en Grèce où elle a rejoint sa soeur Céline... Puis elle vivra quelques années heureuses en couple, par deux fois, mais il y aura toujours en chemin une pierre d'achoppement.
Quand l'un d'entre ses deux amants lui fera une proposition de pratique sexuelle, devenue courante, mais qu'elle refusera catégoriquement, et quand il reviendra un soir à la charge avec insistance, cela sera comme un choc pour elle. Ne lui laissant pas le choix, il a abusé de sa confiance:
"Ce soir-là, j'avais ressenti une impression de déjà-vu, comme un malaise, un sentiment bizarre [...]. J'ai eu, à ce moment-là, la certitude que ce n'était pas la première fois: quelqu'un m'avait abusée auparavant. Je ne voyais pas mon abuseur mais j'entendais sa voix. Elle arrivait de loin, de mon enfance."
Elle a vingt-neuf ans. Elle a identifié son abuseur, mais la mémoire complète de ce qui s'est passé avec lui ne lui revient pas, quelque effort qu'elle fasse: "Une page blanche apparaît à l'emplacement des viols répétitifs dans l'album photo de mon enfance."
Quelques bribes du puzzle seulement lui reviennent de son enfance abîmée: l'escalier qui monte au grenier, le bourdonnement d'abeilles de l'autre côté du mur de la chambre, "un sous-vêtement souillé caché dans la chambre de couture sous un tonneau de laine"... qu'elle s'empresse alors de laver, détruisant la seule preuve matérielle de ce qu'elle a subi.
Que peut-elle faire aujourd'hui, quarante ans après les faits qui tiennent si peu de place dans sa mémoire effacée? Pas grand chose, sinon d'en faire le récit, poignant: "Ecrire mon histoire m'a permis d'affronter de face mon ennemi et de mieux comprendre certaines de mes réactions, notamment ma peur de l'homme, ma haine pour certains hommes de pouvoir au comportement pervers, mes difficultés à respecter l'autorité..." "

Olivia Gerig
Impasse khmère

Parution mars 2016
ISBN 978 2 9700928 9 6
213 pages
25 fr.
ou acheter avec
Un ventilateur tournoie bruyamment au plafond d’une pièce quasiment vide. Le papier peint de mauvaise qualité, jauni par la fumée de cigarette, se décolle par endroits et les lambeaux se trémoussent au rythme des pales de l’engin. Un lit trône au centre de la chambre. La moustiquaire qui le garnissait est partiellement arrachée ; les draps défaits traînent sur le sol en bois. Ils semblent accompagner un bras livide qui pend hors du matelas, la main grande ouverte, comme dans un signe de prière.

Le nouveau roman d’Olivia Gerig entraîne ses lecteurs à la découverte du Cambodge, de son histoire et de ses traditions, sur les pas d’une Occidentale qui a perdu pied dans une Europe qui l’étouffe et la détruit à petit feu. À travers son travail pour une ONG, elle va tenter de survivre et de se reconstruire. Dans ce roman initiatique, Olivia Gerig lève le voile, avec sincérité et simplicité, sur le passé tragique du Cambodge.

CRITIQUES :

- Blog Bouquiner, Stella Noverraz, 25 mars 2016, http://www.bouquiner.ch/5379-coup-de-coeur-impasse-khmere-de-olivia-gerig

- GO OUT !, n°39, mars 2016, p.45

Francine Collet
Vous avez des enfants?

Parution mai 2014
ISBN 978 2 9700745 9 5
96 pages
22 fr.
ou acheter avec
Je n’en ai jamais parlé à ma fille. Jamais eu l’occasion, ou le courage. Je comptais sur le silence et les années qui passaient pour oublier. Je n’ai jamais oublié, bien au contraire. Depuis que ma fille a quitté la maison, je ne cesse d’y penser, de me demander quelle serait ma vie si tout s’était passé normalement quand j’ai été enceinte pour la première fois.

Qu’elles n’aient pas pu ou pas voulu avoir d’enfant ou qu’elles en aient perdu un, seize femmes imaginaires se livrent avec pudeur. Au-delà de ces destins particuliers, ces courtes nouvelles dressent un tableau subjectif d’une douleur ou d’une colère que certaines femmes ressentent quand on leur pose cette question en apparence innocente : « Vous avez des enfants ? »

CRITIQUES

"Vous savez, dans le temps, au moindre doute, on vous enlevait tout." Cette phrase, prononcée par une dame qui refusait un jouet gratuit au supermarché, a poussé l'auteure à écrire ce recueil de nouvelles. Avortement, enfants mort-nés, infanticides ou regret d'une vie stérile, pression sociale au travail pour celles qui souhaitent des enfants... L'auteure rend hommage " à toutes les femmes qui ont un ange dans le coeur " dans ce recueil. Certains textes sont très émouvants, d'autres plus convenus. Les esquisses au crayon de Christine Doucet fonctionnent bien avec les nouvelles.

Marianne Grosjean, La Tribune de Genève, 14-15 juin 2014 

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Francine Collet
Félicien

Parution avril 2011
ISBN 978-2-9700598-8-2
228 pages
28 fr.
ou acheter avec
De Félicien, je ne possède qu’une dizaine de photos prises je ne sais quand, je ne sais où. Sur mon bureau, j’ai posé un portrait de lui enchâssé dans un médaillon doré. Il est tel que je ne l’ai jamais connu : jeune, les cheveux gominés, la raie au milieu. C’est en regardant ce portrait qu’est venue l’envie d’écrire sur lui comme si je savais tout de lui. Cela lui aurait certainement plu à Félicien, cette liberté prise avec sa vie. Il était rêveur, cela transparaît dans son regard sur ce portrait jauni. Un regard flou, sans lunettes. Félicien s’extrayait de la réalité en ôtant, cassant ou perdant ses lunettes. Cela pouvait durer quelques minutes, un jour ou plus avant qu’il ne les rechausse. A mon tour maintenant d’oublier mes lunettes et de transcrire ce que je vois. Pour qu’une fois encore, Félicien me serre contre lui.

Comment restituer une existence dont de nombreuses pages se sont égarées pour toujours ? En tissant des bribes de souvenirs avec le fil de l’imaginaire, l’auteure dessine un portrait sincère et touchant de Félicien. L’écriture limpide et toujours subtile de Francine Collet permet ainsi à une mémoire singulière de devenir universelle. 

 

CRITIQUE

"Nous avions aimé son conte "Le don d'Elise", primé en 2007 par la Société littéraire de Genève. On appréciera tout autant son "Félicien", portrait distancié dédié à son père, reconstitué à partir d'une dizaine de photographies. Tel qu'elle ne l'a jamais connu, rendu vivant par la plume simple et efficace de Francine Collet."
(La vie protestante, mars 2012/n°2, Serge Bimpage) 

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Francine Collet et Adriana Passini
Passage d'ombre

Parution novembre 2010
ISBN 978-2-8399-0769-9
37 pages
28 fr.
ou acheter avec

Restée fidèle au procédé argentique, Adriana Passini soigne le cadrage lors de la fixation de l’image et recourt rarement à une correction ultérieure. Son œil est toujours à l’affût de détails qui, à travers son objectif, changent d’échelle, deviennent visibles, essentiels même. Une métamorphose surprenante comme un aboutissement, ou plutôt comme un commencement. L’interprétation de cette nouvelle image peut être multiple, selon la sensibilité et la fantaisie du regard posé sur elle.
C'est ainsi qu'est né ce livre. Francine Collet s'est laissé guider par ces photos sans chercher à savoir ce qu'elles représentaient, elle s'est seulement mise à l'écoute de ce qu'elles lui inspiraient afin d'écrire des histoires aux mille échos. Dans Passage d'ombre, l'écrit ne commente pas la photo et la photo n'illustre pas le texte, mais l'un et l'autre entrent en résonance, témoignant d'une complicité entre deux artistes.

 

CRITIQUE

"C'est un livre dans lequel on peut regarder les photos, ou simplement lire les textes. Mais y associer les deux, en essayant de comprendre la démarche de l'auteur des lignes, est un jeu assez passionnant, même si les motivations et les émotions de Francine Collet resteront toujours pour elle-même."
(Le Dauphiné, 8 janvier 2011)

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Francine Collet
Crabes à l’étouffée

Parution avril 2010
ISBN 978-2-900598-3-7
112 pages
22 fr.
ou acheter avec
Un matin, alors qu’il se rasait devant le miroir de la salle de bains, j’ai débusqué une fissure dans le marbre de son regard. La statue se désagrégeait, s’effritait, sa superbe se dissolvait dans la buée. Je l’ai vu tomber en petits morceaux sur le carrelage blanc, sa tête plus lourde que le reste se brisant. Et sur le sol, du sang. Tandis que je regardais couler le rouge sur le blanc, j’ai ressenti cette même douloureuse délivrance que lorsque, une fois par mois, du sang s’écoule de moi. Mais cette fois, c’était définitif, la délivrance définitive, la dernière souffrance et déjà le soulagement. En moi, plus rien. Et lui, en morceaux sur le carrelage de la salle de bains.

Dans Crabes à l'étouffée, Francine Collet offre au lecteur avec pudeur et empathie quelques instants de vie. Par petites touches, elle révèle des destinées ancrées dans une humanité sans artifice. Des moments attachants d'êtres fragiles que l'on quitte à regret.

CRITIQUE

"Coup de poing. Ils finissent rarement bien, les brefs récits de la Genevoise Francine Collet, mais leur chute claque si bien et si fort qu'on est obligé de sourire. Les ambiances lorgnent sur le sombre, la folie. Presque toujours, il y a un homme et une femme. Pris dans des attentes ou des rencontres qui avortent. Presque toujours, il y a des complications. Car c'est la solitude qui règne en maîtresse. Des histoires tristes? Non, car les phrases percutent. L'habileté littéraire sauve de la complaisance les personnages, les habillant d'une patine brillante. 3/5"
(Femina, 1er août 2010)


"Dix textes, d'une dizaine de pages en moyenne, qui savent créer une atmosphère particulière d'attente, d'incertitude alimentée par la description foisonnante de détails vrais. Et, comme il se doit, les dénouements sont aussi inattendus que spectaculaires."
(La Vie protestante, juin 2010)


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Le don d'Elise

Francine Collet
Le don d'Elise
Conte de la montagne
Parution septembre 2007
ISBN 2-9700429-5-9
88 pages
22 fr.
ou acheter avec
L’hiver passa, un hiver rude et sans fin. Quand guignèrent les premières primevères, Albert descendit au village. Il était encore plus maigre et quelque chose brûlait dans ses yeux. Peut-être était-ce l’éclat des flammes qu’il avait trop longtemps contemplées, mais peut-être était-ce l’âme de L’Elise qui s’y était glissée. Au village, personne n’osa lui parler. On l’observa du coin de l’œil, on l’évita pour ne pas le saluer. Non pas qu’on en ait eu peur, non, c’était plutôt parce qu’il était différent. C’était du respect plus que de la crainte. Ou les deux à la fois.

Le don d’Elise, conte de la montagne, est un texte aux multiples résonances, où l’art et le don de guérir affrontent l’âpreté de la nature. Un conte hors du temps, qui évoque le chemin que chacun trace avec ce qui lui a été transmis par les générations précédentes. Une histoire enracinée dans une terre belle et âpre, où la mort rôde parmi les fleurs.

 

Prix de la Société littéraire de Genève 2008
Coup de coeur du jury 2008, Salon du livre de Montagne, Passy (Haute-Savoie)

 

CRITIQUE

 "[...] Elise porte le prénom d'une rebouteuse des alpages décédée. Elle anime ce récit hors du temps qui évoque le chemin que chacun trace avec l'héritage des générations précédentes. A rebours, à des années-lumière de la nervosité vénéneuse du monde moderne, Le Don d'Elise transporte vers un pays rude et beau où la (sur)vie n'a rien d'une sinécure, mais où nul n'est de trop ni déclaré obsolète par l'évolution du marché ou de l'outillage. Une contrée où émotions et chaleur humaine tiennent la première place. Elise blessée ne peut plus cheminer de-ci de-là? Qu'à cela ne tienne, elle contera des histoires - dont celle que le lecteur tiendra entre ses mains. Rien que parce que chacun a une place dans le puzzle social et croit à ce qu'il fait, Le Don d'Elise recèle une précieuse subversion: l'échelle humaine."
(Marc-Olivier Parlatano, Le Courrier, 29/12/2007)

"Après l'Afrique, c'est sur les chemins de l'alpe, parfois inhospitalière mais tant aimée, que s'est rendue Francine Collet. Son art de conteuse s'est affermi et on suit avec un grand plaisir les destins de l'Elise et de ses descendants à travers les joies et les vicissitudes qui marquent la vie des gens simples et profonds.[...]"
(Annette Zimmermann, A tire d'elles/L'Inédite, décembre 2007)

 

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Sous le sourire de la lune

Francine Collet
Sous le sourire de la lune
Chronique
Parution 2006
ISBN 2-9700429-2-4
101 pages
22 fr.
ou acheter avec
Une moustiquaire, ce n'est pas romantique du tout. Contrairement à ce que je croyais durant mes rêveries adolescentes quand, le nez au plafond, je m'imaginais sous d'autres cieux. Rien à voir avec Out of Africa, version cinéma. Un voile pisseux, brodé de chiures de mouches qu'il faut, moyennant une gymnastique éreintante, coincer sous le matelas, sous peine de risquer la terrible piqûre de l'anophèle. Impossible de sortir avec classe et décontraction de cette cage mal arrimée à des lambourdes sinueuses fixées par la grâce de je ne sais quel esprit à un lit de fer théoriquement prévu pour une personne.

Une écriture souple et déliée pour raconter et raconter encore l’Afrique, son Afrique! Le regard posé sur ce continent est sensible, ouvert et lucide. Il nous permet d’aller à la rencontre de cet autre à la fois infiniment proche et très lointain.

Sophie Colliex
L'enfant de Mers el-Kébir

Parution mars 2015
ISBN 978 2 9700928 3 4
312 pages
30 fr.
ou acheter avec
Michel ouvre la boîte et écarquille les yeux. Il n’a jamais rien vu d’aussi beau. Des crayons de couleur neufs, à pointe effilée, fleurant le bois coupé, serrés les uns contre les autres, réalisent un savant dégradé de nuances. Les crayons roulent sous les doigts de l’enfant. Il n’a jamais vu autant de couleurs de sa vie. Dans la boîte, il y en a bien plus que n’en contient l’arc-en-ciel. Pas une couleur semblable à une autre. Ressemblantes parfois, mais… différentes. Le cœur de Michel se dilate dans sa poitrine, à la faire éclater. Des larmes piquent ses yeux, menacent de déborder, mais il ne va pas pleurer. Papa, Moman et Tessa, qui assistent à la scène depuis la porte de la chambre en souriant, ne comprendraient pas. Ils s’imagineraient que son cadeau ne lui plaît pas. Qui sait, peut-être pourrait-on le lui reprendre ? Il referme sa boîte, la serre contre lui.

Sophie Colliex nous emmène à Mers el-Kébir, en Algérie, où ses personnages attachants traversent les épreuves de la guerre et de la construction du port militaire. Libre, insouciant, Michel parcourt avec ses amis les collines et les plages, tandis que, peu à peu, se dessine son destin. Ce roman lumineux et essentiel est aussi une ode au soleil et à la Méditerranée.

Prix ADELF-AMOPA 2015 de la première œuvre littéraire francophone

Dans la presse :

- Journal de Veyrier, N°99, novembre 2015

- Daniel Bujard, "La Côte", 18/09/2015

- Julien Bürri, coup de coeur de L'Hebdo/Payot dans la sélection des romans de l'été 2015

- Isabella Coda-Bompiani, Plumes genevoises, 25 août 2015, http://plumesgenevoises.com/critique-de-lenfant-de-mers-el-kebir-de-sophie-colliex-par-isabella-coda-bompiani

"Ce n’est pas un roman c’est un long métrage, c’est une évidence, les images défilent au gré de la lecture, nous sommes happés par l’indicible et surtout par la fécondité de la romancière qui nous conte l’histoire poignante d’une famille qui parle d’amour et participe au merveilleux et peut-être du bonheur, mais discourir de la guerre c’est de décrire la manière dont ils vivent, sous les bombes qui éclaboussent le gris du ciel et le bleu de la mer. Nous sommes à Mers el Kébir entre 1939 et 1945 les habitants sont des pêcheurs et une famille particulière dont chacun se meut à sa manière  et codifie les diverses branches du savoir humain,  se dessine dans une superbe fresque colorée.Quel que soit les dangers la vie continue, et l’amour aussi, il y a Moman qui trime, Joseph le père qui arme les filets dans la mer, l’aîné Joanno qui revient après 6 ans d’absence de la guerre, la petite sœur Tessa elle, prolonge le retour aux sources et le tout dernier Michel qui  dessine ce qu’il voit au gré de ses envies. Les autres personnages arrivent dans un plan carré pour la forme. On se sert ici d’un arsenal de symptômes pour établir un diagnostic. En parcourant les yeux dans les yeux leur conscience. Avec les traditions solidement ancrées,jalousement gardées ils parachèvent l’inexorable beauté de leur patrimoine culturel. On découvre le passé des ancêtres espagnols qui ont foulé le sol de l’Algérie comme une terre promise.Nous sommes dans les entrailles de la vérité, la guerre a eu lieu, les américains ont posé leurs besaces et leurs fusils, l’endroit était stratégique, voulu. On rappelle la colonisation des français en Algérie comme un souvenir douloureux et qui le sera à jamais. Une bataille navale sanglante sous les yeux de l’innocence. De la destruction renaît la vie, pour les siècles qui ont survécus aux drames, pour ceux qui ont lutté, les témoins de l’histoire. Et la survie aussi. La romancière a voulu nous le décrire en reposant les mots avec respect et nous révéler ce que peu savent. Le monde des pêcheurs qui leur est propre, le soleil, la Méditerranée, les insouciances de l’enfance, les cerfs-volants sillonnant les nuages, les jeux et le dessin qui parachève le passé. C’est la réalité de la grande Histoire. On s’incline."

-Ivanachronique, 8 août 2015, http://ivanachronique.blogspot.fr/2015/08/lenfant-de-mers-el-kebir-sophie-colliex_8.html

"Les premières pages ne me plaisaient pas beaucoup, j'ai légèrement trainé pour me plonger véritablement dans ce roman. Mais une fois décidée... je l'ai dévoré sans m'arrêter, en une soirée. Je voulais connaître la vie du personnage principal, dont l'histoire m'a énormément touchée, me reconnaissant en lui par certaines choses.
 L'écriture de l'auteure (que je ne connaissais pas) est simple et fluide. Une très bonne chose puisque j'ai vraiment ressentis plusieurs émotions tout au long de ma lecture. S'ajoutait à cela, une forme d'addictivitée puisque j'avais absolument besoin de savoir ce qu'allait devenir Michel, ne sachant pas forcément dans quelle direction m'amenait l'auteure. Evidemment, j'avais deviné les grandes lignes mais Sophie Colliex a su tout de même ajouter des éléments qui m'ont surpris. 
 Je ne peux que vous conseiller ce roman, la seule raison pour laquelle il n'a pas été un coup de cœur est parce que j'ai trouvé certaines longueurs parfois. Néanmoins c'était très léger, ce fut donc une excellente lecture. 19/20"

Stella Noverraz, Blog Bouquiner.ch, 9 avril 2015, http://www.bouquiner.ch/3666-lenfant-de-mers-el-kebir-de-sophie-colliex 

" J’ai adoré me promener dans le port de Mers el-Kébir avec ces trois compères, j’ai marché sur les plages, j’ai couru et dévalé les collines et j’ai sursauté de leurs bêtises. Leur naïveté dans ces temps durs m’a vraiment touchée. Ce roman est vraiment palpitant, il nous emporte dans un temps différent où les rêves sont lointains pour laisser place au pragmatisme de la vie, des coutumes et des « on a toujours fait comme ça ». Ce roman c’est aussi l’histoire, car il nous rappelle l’horreur de la bataille qui a lieu en 1940 à Mers el-Kébir. Sophie Colliex, l’auteure, a fait un travail énorme de recherches pour retracer cette bataille avec autant de détails et de ressentis."

- Francis Richard, Blog, 25 mars 2015

" Le roman de Sophie Colliex n'est cependant pas seulement l'histoire de Michel et de Mers el-Kébir, de l'enfant et du port de guerre, dont les travaux titanesques bouleversent profondément le paysage alentour. C'est aussi le portrait d'une famille modeste qui se débat dans des circonstances exceptionnelles, et la peinture d'une époque révolue où le respect des convenances orientait davantage qu'aujourd'hui le cours des vies. Certes on s'aimait, mais le coeur ne l'emportait pas souvent sur la raison. Certes on faisait des études, mais les moyens matériels manquaient souvent à ceux qui voulaient les poursuivre. Et, en même temps, cette époque, qui n'est pas si lointaine que ça, n'est pas dépourvue de charme. Sans doute parce que Sophie Colliex a su donner vie à des personnes attachantes et restituer avec justesse et plaisir les couleurs, les odeurs et la chaleur de l'Afrique."

Collectif
Au fond du jardin...

Parution avril 2016
ISBN 978-2-9701061-1-1
256 pages
20 fr.
ou acheter avec
Concours des Editions Encre Fraîche

"Dix-sept auteurs vous invitent à entrer dans leurs jardins et à les suivre... Ils vous tiendront la main avec douceur, violence, mystère, passion ou poésie. Parfois ils la garderont longtemps, d’autres fois ils la lâcheront brusquement… Ce qui est sûr, c’est que vous ne ressortirez pas indemne de ces balades !"

Chez Encre Fraîche, nous aimons flâner d’un jardin à l’autre lors de nos balades littéraires : jardin botanique, jardins vagabonds, jardins privés au Petit-Saconnex… Nous aimons l’alchimie qui se crée quand les textes résonnent au sein de la nature, qu’elle soit sauvage ou domestiquée.

Avec ce septième concours, nous avons voulu faire pénétrer la nature au cœur de nos livres. Dans les cent cinquante nouvelles que nous avons reçues, il y avait entre autres des veuves, des malades, des peintres, des cinglés, des chiennes, des grands-parents, des meurtriers, des fantômes, des professeurs de piano, des amis imaginaires, des loups-garous, des comédiennes, des escargots et même des somnambules !   

Nous vous laissons le plaisir de découvrir lesquels ont été retenus au travers des dix-sept nouvelles lauréates.

Bonne lecture !

 

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Collectif
Masques

Parution avril 2015
ISBN 978-2-9700928-6-5
208 pages
20 fr.
ou acheter avec
Concours des Editions Encre Fraîche

Il est des thèmes porteurs qui inspirent immédiatement. Ce fut le cas de celui du sixième concours d’écriture que nous avons lancé en collaboration avec l’association Ptolémée : « Masques ». Sur les nonante et un textes reçus, le jury  en a gardé quatorze. Laissons-nous emporter par ces histoires qui nous invitent à découvrir des masques blancs, mystérieux, ethniques ou terrifiants… 

Bonne lecture !

 

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Collectif
Au fil de l’Encre

Parution mai 2014
ISBN 978-2-9700928-0-3
Coffret, 23 fascicules (22 auteurs) pages
35 fr.

Les éditions Encre Fraîche sont nées suite à un coup de coeur. Lors d’une discussion animée entre quelques passionnés de littérature, l’idée de lancer une nouvelle maison d’édition a surgi. En effet, l’un d’entre eux connaissait un manuscrit fascinant qui ne trouvait étonnamment pas d’éditeur. Il s’agit de "La Marche du Loup", roman d’Olivier Sillig, premier texte publié aux éditions Encre Fraîche en 2004. Cette publication leur a heureusement donné raison, puisque "La Marche du Loup" a mis en lumière un auteur qui est maintenant connu et reconnu. Encre Fraîche est une maison d’édition genevoise par voie associative, animée du désir de publier des oeuvres de qualité, principalement d’auteurs suisses-romands. Si Encre Fraîche se veut un tremplin pour de nouveaux auteurs, il s’agit également pour cette maison d’édition de nouer des liens forts et durables avec ses auteurs. À une ligne éditoriale figée, Encre Fraîche préfère suivre ses coups de coeur et ainsi musarder sur des chemins de traverse souvent inexplorés ! Du désir de célébrer ses auteurs est né ce coffret qui réunit un grand nombre d’écrivains affiliés aux éditions Encre Fraîche. Chacune et chacun présente ici une nouvelle originale et inédite. Olivier Sillig ouvre le feu, puisqu’il est l’auteur de "La Marche du Loup", texte fondateur des éditions. À vous maintenant, lectrices et lecteurs, de vous laisser emporter, ébouriffer, étonner, de vous promener dans toute l’épaisseur de ce coffret singulier, de partir à la découverte de ces univers tous très différents les uns des autres.

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champ et avion

Collectif
A l'aéroport…

Parution mai 2013
ISBN 978-2-9700745-4-0
216 pages
épuisé fr.
ou acheter avec
Concours des éditions Encre Fraîche avec la participation de: Salima Alaoui, Jean– Luc Chaubert, Guy Chevalley, Catherine Cohen, Hélène Dormond, Sabine Dormond, Elisabeth Gaillard-Daucourt, Vincent Gerber, Anne-Sophie Lecointre, Laura Maxwell, Nadia Peccaud.

Départs ou arrivées… Retrouvailles ou séparations… Qu’il soit bondé ou déserté, dans une métropole ou sur une île, qu’on y passe rapidement ou qu’on y reste pendant de longues heures, l’aéroport marque nos existences. On irait même jusqu’à dire qu‘il consiste en un objet de fascination ou d’angoisse en soi.

 

 

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Collectif
Même jour, même heure, dans 10 ans

Parution mai 2014
ISBN 978-2-9700928-1-0
192 pages
18 fr.
ou acheter avec
Concours des éditions Encre Fraîche avec la participation de Clara Cucchi, Samuel Bisch, Dina Benouattaf, Marion Van Gucht, Kaimen, Pauline Le Gonidec, Jade Sercomanens, Léna Keller, Morgane Lambinet, Mathilde Cucchi, Vivien Baud, Violette Mandry et Sana Dhifallah.

Quel avenir les jeunes d’aujourd’hui auront-ils demain ? Et eux, comment voient-ils leur futur ? Même jour, même heure,
dans dix ans… 13 jeunes de tous horizons, de Genève à Casablanca,
de la Belgique à Djerba, se sont projetés dans dix ans. 

Longue vie à ces jeunes plumes prometteuses ! Que l’avenir leur soit radieux !

 

 

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Collectif
Musica!

Parution avril 2012
ISBN 978 2 9700745 3 3
218 pages
20 fr.
ou acheter avec
Concours des éditions Encre Fraîche avec la participation de: Salima Alaoui Yazidi, Gwendoline Allamand, Arthur Brügger, Hélène Dormond, Sabine Dormond, Liane Dubath, Patrice Faedi, Elisabeth Gaillard-Daucourt, Vincent Gerber, Olivier May, Laurence Regad-Stauffer.

« Si bémol – la – do – si … Aimez-vous la musique ? »

Au départ, une phrase un peu mystérieuse… Nous souhaitions intriguer ceux dont les yeux tomberaient sur l’intitulé de notre troisième concours d’écriture. Quatre notes pour aller aux sources et à l’essentiel de la musique : B – A – C – H. 

Si nous avons parfois croisé Bach dans les quarante-deux nouvelles que nous avons reçues, c’est surtout la musique qui l’a emporté. De la Préhistoire à la Deuxième Guerre mondiale, du couvent à un concert d’AC/DC, au fil des onze nouvelles retenues dans ce recueil, la musique vous apparaîtra dans toute sa diversité. Et maintenant, place à la musique ! Musica !

 

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animaux portrait

Collectif
A quoi rêvent-ils?

Parution avril 2011
ISBN 978-2-9700745-0-2
168 pages
18 fr.
ou acheter avec
Concours des Editions Encre Fraîche avec la participation de: Olivier Chapuis, Kanata, Elisabeth Gaillard-Daucourt, Silvia Härri, Christine Doucet, Irène Horst, Lucianne Jaggi, Hélène Dormond, Francine Collet, Olivier May, Adriana Passini, Elsa Bigoni, Diana Sicari.

Suite à une première expérience mêlant la « spatule » gourmande et la « page » littéraire, les éditions Encre Fraîche ont eu envie de lancer un nouveau défi aux amateurs de mots. Suivant ses passions, notre comité a choisi les animaux comme sujet. Quant à l’intitulé du concours auquel les auteurs de ce recueil ont dû se frotter, il se résumait à une phrase : « Les animaux, des êtres humains comme les autres. » Et quelques pistes : l’animal, un objet de consommation ?… Responsabilité de l’homme par rapport à l’animal, spécisme ?… Pas si simple ! Quelques mois plus tard, nous avons pu nous plonger avec curiosité et intérêt dans les textes que nous avons reçus non seulement de Suisse, de France, mais également d’Israël ou encore d’Afrique ! Après d’intéressantes discussions, nous en avons retenu quatorze, que nous avons le plaisir de vous présenter dans le présent recueil. 

 

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Collectif
Une page et une spatule

Parution avril 2009
ISBN
92 pages
15 fr.
ou acheter avec
Concours culinairo-littéraire des Editions Encre Fraîche avec la participation de: Florence Grivel, Claude-François Robert, Francine Collet, Laurence Bolomey, François Jolidon, Adrien Glauser, Ysaline Ressort.

Amateurs de mots et de textes, nous publions nos coups de cœur littéraires depuis 2004 déjà. La nouvelle, le roman ou le témoignage ont été ainsi tour à tour l'objet de notre attention.
Il y a quelques mois, le comité d'Encre Fraîche a décidé de lancer un concours de nouvelles. Qui dit concours, dit thème... Autour d'un repas - qui marque de manière rituelle chacun de nos comités - le choix a été vite fait. Aux grands thèmes universels, nous avons préféré les plaisirs de la table. Comment mieux représenter Encre Fraîche qu'en liant une page et une spatule ?
Après quelques mois d'une attente fébrile, les textes nous sont enfin parvenus. Nous les avons goûtés, choisis puis apprêtés. Au tour du lecteur désormais de les découvrir.

 

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Elisabeth Daucourt
Si l’on revenait…

Parution avril 2015
ISBN 978 2 9700928 5 8
pages
22 fr.
ou acheter avec
Elle pédale, elle pédale, Gina. Elle chantonne ; elle est heureuse. Un panier d’osier tenu par des sangles élastiques sur le porte-bagages, un filet accroché au guidon, elle pédale à toute allure. Le vent joue dans sa chevelure épaisse couleur de jais. Quand elle croise un villageois, elle fait un petit signe de la tête, chaleureux, respectueux. Elle ne s’arrête pas. Très tôt le matin, elle se rend à la laiterie, à l’épicerie, parfois à la boucherie, et revient dans l’heure qui suit. Elle est belle, Gina. Ceux qui s’y connaissent disent qu’elle a la beauté du diable... et tout le charme de l’Italie! Dommage qu’elle se soit entichée de ce «macaroni»... Sa jeunesse, sa peau mate et ses yeux pareils à deux cerises invitent à la joie, appellent le soleil. Elle pédale, elle pédale, Gina. En été, sa courte jupe vichy que gonfle un jupon amidonné se soulève parfois. Alors, d’une main, elle la retient sur le genou et continue sa course qui devient soudain plus douce.

"Si l’on revenait…" chante les terres de l’enfance et des souvenirs. On y entend le flot du Doubs et le patois jurassien. Au fil des pages, le lieu des retours se déplace en Franche-Comté, à Genève et au Tessin. Chaque histoire revient sur un événement parfois cocasse, parfois bouleversant, qui a marqué la vie des personnages.

CRITIQUES :

- Revue franco-suisse "Au Clos du Doubs", GHETE (Groupe d'échanges et d'études / Hommes et terroirs du Clos du Doubs / www.ghete.org)


Le blog de Francis Richard, le 4 juillet 2015

" Si l'on revenait... à un moment ou à des moments d'un passé enfoui est l'hypothèse bénéfique que font les personnages des nouvelles d'Elisabeth Daucourt. Il ne s'agit pas pour eux de dire ou penser que c'était mieux avant, ou moins bien d'ailleurs. Il s'agit seulement de se souvenir pour se comprendre aujourd'hui, s'accepter et, si possible, aller de l'avant.
Le passé enfoui dans la plupart des nouvelles de ce recueil est celui d'il y a quelques décennies. Il appartient en quelque sorte déjà à l'histoire, faite en réalité des histoires de chacun, éléments d'un tout qui caractérise une époque, en l'occurrence toujours bien révolue.
Comme les moeurs ont beaucoup évolué pendant ces quelques décennies écoulées, à lire ces nouvelles on mesure le chemin parcouru. L'auteur ne porte pas de jugement. Elle raconte et les différents récits se suffisent à eux-mêmes sans qu'il ne soit besoin de commentaires.
Pour que ces récits prennent de la consistance, les personnages ne se contentent pas de se retrouver sur les lieux où ils se sont déroulés, ils remettent leurs pas dans ceux qu'ils ont jadis empruntés et reviennent surtout, par la pensée ainsi ravivée, aux circonstances qui les ont entourés et qui les expliquent.
Ainsi, revenir à l'enfance, Au bord du Doubs, ce n'est pas seulement y repasser ses vacances, mais c'est en refaire rituellement, ne serait-ce qu'au conditionnel, tous les gestesaccomplis au bord de cette rivière en compagnie des parents et de la fratrie.
Ainsi, revenir à l'enfance, c'est partir du bouillon des soirs d'alors, dans lequel dansent les lettres, pour évoquer les histoires racontées par le père, les textes appris à l'école et la littérarure transmise par la mère, qui tous mettent des Lettres en scène.
Ainsi, revenir à l'enfance, c'est évoquer Le chapeau de la Toussaint des dames, qui leur permet alors de se distinguer les unes des autres, quelle que soit leur condition: "A l'église, le sexe faible doit encore se couvrir et faire preuve d'humilité, mais le respect obligé devant Dieu offre les bonheurs exquis de la coquetterie"...
Ainsi, revenir à l'enfance, c'est retrouver par le souvenir, puis par la lecture, Le chemin droit qui mène au camp de concentration du Struthof, le jour où le général de Gaulle y inaugure le Mémorial national de la déportation. C'est donc aussi la découverte de l'horreur, qui serait insupportable en l'absence des parents et amis.
Revenir à l'enfance ou au passé, dans ce recueil, c'est bien d'autres occasions de se souvenir que celles évoquées ci-dessus - il y en a dix-huit en tout. Mais, pour quelques souvenirs heureux, ou simplement cocasses, combien de souvenirs douloureux, souvent du fait de mésinterprétations de la religion catholique, qui occupe une grande place dans la vie passée, parfois présente, des personnages.
Souvenir heureux, celui d'Edwige, anesthésiée par son dentiste, dans La fête aux cerises, qui embarque "pour un vol au pays des joies passées"; souvenir douloureux, dans Le miracle, celui de Lucia, partie à Lourdes demander que son union avec Constant soit féconde, qui apprend à son retour qu'une autre, la bonne, a été exaucée à sa place, en son absence...
Qu'ils soient heureux ou douloureux, ces souvenirs relatés par Elisabeth Daucourt ont le charme des époques révolues, non pas qu'elles inspirent la nostalgie, mais qu'elles ressuscitent des événements datés, que les personnages ont vécus et qui font partie intrinséquement d'eux-mêmes, indissociables de leur histoire.
Ces souvenirs relatés par Elisabeth Daucourt doivent également leur charme au style de l'auteur, qui sait en quelques mots, sans qu'il n'y en est d'inutiles, restituer, souvent avec poésie, les êtres et les choses, parler à l'imagination des lecteurs pour les aider à les relier les uns aux autres et leur donner une âme, qu'ils ne peuvent qu'aimer.
Dans Les volets clos, les lecteurs s'y croiraient dans cette ville du Tessin où Rocco descend du train: "Les rues étroites ont interdit l'accès au soleil dont quelques rayons curieux mais discrets guignent entre les toits de tuiles roses". Plus loin, ils le voient, comme s'il était sous leurs yeux, quand "il emprunte l'étroit chemin du bas, celui qui caresse le cimetière des êtres aimés à l'ombre de l'église"..."

 

Eric Driot
Deux points de suture

Parution avril 2011
ISBN 978-2-9700598-9-9
200 pages
25 fr.
ou acheter avec
Mais ce n’est rien en comparaison de ce que je dois subir quand il leur prend de s’adresser à moi, je devrais accepter ce qui m’arrive, faire mon deuil alors que je souffre précisément de ne pas être mort, et elles te disent ça avec leur petit air sérieux empreint d’affectation, ce sale petit discours d’institution qui les préserve d’avoir à réfléchir sur leurs inepties. Ils ne comprennent pas parce qu’ils ne veulent pas comprendre, il faudrait que nous soyons des handicapés heureux qu’ils pourront refourguer à la vie civile le plus vite possible. Mais moi je ne veux pas de cette vie de merde et ça, ça les épouvante.

Deux points de suture nous plonge dans l’univers de la plaie. D’abord la souffrance morale, celle d’un professeur de philosophie trop lucide pour survivre à l’hypocrisie exigée par la vie en société ; puis celle physique, qui le déshabille, qui nous l’offre en pâture. C’est une écriture chirurgicale qui tarabuste et qui dérange. Le rythme est rapide, la descente effrénée, le ton sec et sans ornement. L’auteur ne se cache pas, il montre et fait voir l’horreur, sous toutes ses sutures, dans ses moindres recoins. Une expérience des profondeurs. 

Né à Strasbourg en 1965, Eric Driot vit depuis 2002 en Valais. Il travaille à la Clinique romande de réadaptation en tant qu’infirmier. Deux points de suture est son premier roman. 

 

CRITIQUE

"Un verbe direct, provocateur et fort maîtrisé. C'est celui d'un professeur de philosophie qui ne cache rien de sa souffrance morale et physique. Eric Driot, dans ce premier roman réussi, connaît son sujet pour être infirmier dans une clinique de réadaptation romande."
(La vie protestante, mars 2012/n°2, Serge Bimpage)

"(...) Un texte intéressant qui nous donne à découvrir un monde dur, sec, violent, qui met en scène un professeur de philosophie quelque peu désabusé, qui après des années d'enseignement s'aperçoit que la philosophie et la littérature ne sont plus en odeur de sainteté auprès de nombreux jeunes d'aujourd'hui. Un constat amer d'une société en constante évolution, qui souvent se mord la queue et a perdu nombre de ses repères. Et puis en plus de la souffrance morale, la douleur physique et la déchéance du corps... (...)"
(Le Nouvelliste, 7 juillet 2011, Jean-Marc Theytaz, interview à lire sous www.nouvelliste.ch/fr/news/culture/la-condition-humaine-et-la-souffrance_14-301625) 

Olivia Gerig
L'Ogre du Salève

Parution décembre 2014
ISBN 978-2-9700928-2-7
228 pages
28 fr.
ou acheter avec
L’ogre revenait à son antre avec un grand sourire aux lèvres. Impatient du repas exceptionnel qui l’attendait, de la nouvelle joie que ce dernier allait lui procurer. C’était bien cela, il n’éprouvait ce sentiment qu’au moment de retrouver sa proie, qu’au moment divin de cette communion sacrée au travers des odeurs et des goûts que lui procurait la chair de ses victimes. Il s’en délectait à un point que nul n’aurait pu imaginer. Qui aurait d’ailleurs été capable de le faire??

Des jeunes femmes disparaissent dans les environs du Salève et soudain la cruelle réalité éclate : un ogre rôde dans la région ! Ce n’est pas celui des contes de fée que le commissaire Rouiller va devoir affronter, mais un véritable cannibale. Juste à la veille de sa retraite, ce policier désabusé se lance dans une poursuite effrénée face à l’innommable…

En ouvrant ce roman inspiré de faits historiques réels, le lecteur est aussitôt plongé dans une enquête haletante et fascinante. Une véritable invitation à s’interroger sur les origines du mal et sur ces monstres que sont parfois les humains.  

Dans la presse :

- L'information immobilière, Christine Esseiva, automne 2015, n° 118

- La liberté, Daniel Fattore, 9 mai 2015

- La Tribune de Genève, Céline Garcin, 7 avril 2015

" «Des jeunes femmes disparaissent dans les environs du Salève et soudain la cruelle vérité éclate: un ogre rôde dans la région! Ce n’est pas celui des contes de fées que le commissaire Rouiller va devoir affronter, mais un véritable cannibale.» Rassurez-vous, ceci n’est qu’une fiction. Celle de la Genevoise Olivia Gerig. Dans son premier roman, L’ogre du Salève, l’auteure nous livre une enquête haletante sur des faits qui se passent à deux pas de chez nous. L’histoire se déroule durant la Deuxième Guerre mondiale. Olivia Gerig s’est inspirée du mémoire de master d’une amie pour rester le plus fidèle possible au contexte historique. Au fil du roman, elle relate notamment le cas d’un prêtre qui aidait des résistants français à passer la frontière et rappelle la manière dont les registres de douanes étaient tenus à cette époque: «Il y avait une description physique pour chaque personne qui passait la frontière», précise la romancière. Les connaisseurs de la région apprécieront. Page après page, on s’aventure au Château des Avenières, dans le petit village de Saint Blaise, au lieu-dit du «Coin» au pied du Salève ou encore au commissariat de Saint-Julien-en-Genevois où certains personnages reçoivent un accueil «plutôt glacial». «Je suis d’ici, c’était logique pour moi d’écrire une histoire qui se passe dans la région», explique Olivia Gerig. Et le Salève s’avère rapidement être le lieu parfait pour abriter une intrigue. «C’est une montagne un peu mystérieuse, relève l’auteur. Elle n’est pas très accueillante, il y a des grottes, des endroits escarpés, des parties boisées. Mais, paradoxalement, les villages qui l’entourent sont, eux, très accueillants et les gens de la région les connaissent rarement.» Avant et pendant la rédaction de son premier ouvrage, la jeune femme a passé des heures à arpenter les rues de ces lieux pour «s’imprégner de l’ambiance qui y règne». Il en ressort un roman particulièrement sombre qui incite le lecteur à s’interroger sur les origines du mal et la perversité de l’homme. «J’ai toujours aimé les récits noirs et les enquêtes, confie la Genevoise. Je suis également passionnée par la criminologie, j’aime essayer de comprendre comment une personne arrive à passer à l’acte. Et le cannibalisme est un des pires actes qu’on peut imaginer dans notre société. Ça montre jusqu’où l’homme est capable d’aller.» "

- Le Courrier, Marc-Olivier Parlatano, 21 mars 2015

- Le blog bouquiner.ch, le 22 janvier 2015, http://www.bouquiner.ch/3184-logre-du-saleve-de-olivia-gerig 

" J’ai adoré cette intrigue policière ! C’est un roman palpitant où l’on passe d’une intrigue à une autre, pour arriver, au fil du temps, à une seule. Un suspens garantit dans chaque page tournée ! J’ai découvert une auteure qui a une écriture fluide et avec qui on ne s’ennuie pas. A aucun moment, j’ai trouvé tel ou tel passage trop long, elle nous tient en éveil, et nous emporte avec facilité dans son histoire. Un polar, qui est inspiré de faits historiques réels, que je vous recommande vivement !"

*

Mélanie Chappuis
Un thé avec mes chères fantômes

Parution août 2016
ISBN
pages
fr.
ou acheter avec
Vous êtes mon inconscient ? C’est la première fois que je t’entends aussi distinctement. - Absolument pas, je suis Emma Vieusseux, la propriétaire de ces murs et vous êtes chez moi. D’ailleurs qu’avez-vous fait du billard ? - Emma ! Quel plaisir de vous rencontrer, pardonnez-moi, je vais vous remuer un peu, mais vous êtes morte depuis longtemps et le billard est devenu mon bureau. Je pense souvent à vous, je me dis que ça doit vous réjouir, depuis là-haut, de voir que cet endroit réservé aux hommes, qui sentait le whisky et le cigare, embaume aujourd’hui mon parfum chéri et ce magnifique thé vert. Je vous en sers une tasse ?

Châtelaine, c’est là que Mélanie Chappuis habite depuis plusieurs années. Une maison et un parc hors du temps qui l’interpellent, l’envoûtent, l’obsèdent... Dans Un thé avec mes chères fantômes, elle nous invite à rencontrer et à écouter celles qui l’ont précédée en ces lieux, Michée Chauderon, la dernière sorcière brûlée à Genève, et Emma Vieusseux, la romancière oubliée, comme une façon de mesurer le chemin parcouru par les femmes depuis le 17ème siècle, de savourer les libertés obtenues sans les prendre pour acquises.  Un texte audacieux et d’une finesse incomparable, illustré par delà les siècles par Emma Vieusseux et Zep, le mari de Mélanie.

maisons amsterdam

Anna Gold
Bienvenue

Parution mai 2013
ISBN 978 2 9700745 5 7
320 pages
28 fr.
ou acheter avec
Je me suis habillée comme elle l’avait voulu, ma mère. J’ai souri. Je voulais lui faire plaisir. Je voulais être la jeune fille à épouser parfaite. J’ai pris la tasse de thé avec la soucoupe. J’ai soulevé la tasse. J’ai voulu prendre une gorgée. Puis, j’ai senti l’arôme du thé. Un haut-le-coeur m’a envahie. J’ai jeté tasse, soucoupe, cuillère par terre. J’ai couru vers la salle de bains et je me suis mise à vomir, vomir ce qu’on m’obligeait à faire, vomir une situation familiale insoutenable, vomir la souffrance, vomir l’absence de mon bien-aimé. J’ étais désespérée. Elle est venue près de moi. Elle m’a regardée froidement. « Il ne manquait plus que cela ! Tu es enceinte ? »

Appelée au chevet de sa mère mourante, Léa Blum reprend le chemin vers celle qui l’avait chassée de sa vie des années auparavant. A Amsterdam, confinée dans le silence et la pénombre de la chambre où repose celle qui l’a fait tant souffrir, la jeune femme se remémore les circonstances de son exclusion. Grâce à une confrontation insolite, elle peut renouer, étape par étape, avec les événements de son passé et éclaircir un certain nombre de questions restées sans réponse. Anna Gold nous offre ici un texte fort, mais en même temps tendre, pudique et tout illuminé de philosophie.

Anne May
Effets secondaires

Parution avril 2015
ISBN 978 2 9700928 7 2
288 pages
28 fr.
ou acheter avec
– Je lâche ! Tom entend à peine le cri dans les sifflements du vent. Une avalanche de cailloux s’abat autour de lui. Il se plaque contre la montagne et s'agrippe à la corde de rappel de toutes ses forces, se préparant au choc. Il doit résister, contrebalancer le poids de Saitoh. La tension soudaine sur le baudrier l’arrache du sol et le traîne contre la paroi sur plusieurs mètres. Il cherche des prises, mais toutes lui échappent. Son ascension ralentit, la chute de Saitoh est freinée. Tom saisit une excroissance rocheuse de sa main libre et reprend pied sur une petite plateforme. – Saitoh? Tom lève la tête. Son ami est suspendu au bout de la corde, quelques dizaines de mètres au-dessus de lui.

Inoue Saitoh, chercheur à l’Université de Genève, décède en montagne peu après avoir fait une découverte importante sur la maladie d’Alzheimer. Tom Jackson va tout mettre en œuvre pour faire publier les travaux de son ami. Sa quête l’emmènera des Alpes suisses au Japon, de l’Angleterre au Vietnam. Parviendra-t-il à l’emporter sur les intérêts économiques de la recherche pharmaceutique ? 

CRITIQUES:

- Revue française "Silence" (écologiste, alternative, altermondialiste et non-violente), mars 2016, n°443

- Déclaration de Berne, Patrick Durisch, novembre 2015, https://www.ladb.ch

- Le blog Ivanachronique, le 20 juillet 2015, http://ivanachronique.blogspot.fr/2015/07/effets-secondaires-anne-may_20.html 

"Le fait que l'écriture de l'auteure soit très fluide et agréable doit y être pour beaucoup puisqu'à première vue le thème de cette œuvre ne m'intéresse absolument pas. Néanmoins, ce roman même pour moi, a été addictif, je voulais absolument connaître le dénouement, savoir comment allait s'en sortir Tom. A une histoire qu'on pourrait penser relativement plate, l'auteure a su mêler suspense, amour, amitié, voyage, etc... un parfait cocktail qui a fait que ce livre est très très réussi. Au final, j'ai appris des choses et c'est ce que j'ai particulièrement aimé, en effet, c'est la première fois que je découvrais dans un roman l'univers pharmaceutique. 
"Effets secondaires" est le premier roman d'Anne May, ce qui est donc plus que prometteur, j'espère donc pouvoir la découvrir prochaine à travers une nouvelle histoire. 17/20"

- Le blog bouquiner.ch, le 24 mai 2015, http://www.bouquiner.ch/4091-effets-secondaires-de-anne-may 

"Dans ce roman, nous sommes plongés dans ce monde « impitoyable » de la recherche pharmaceutique. Si l’on s’imaginait bien que ce n’était pas un « monde de bisounours », nos clichés sont confirmés avec « Effets secondaires ». Entrainée par les indices que Tom récolte, je me suis retrouvée à faire mes propres suppositions, n’est-ce pas ça le charme d’un livre, d’accompagner l’auteur(e) dans son histoire ?
Je me suis attachée à Tom qui essaie de bien faire les choses avec son côté un peu « naïf » qui l’entrainera dans un monde qui le dépasse. J’ai adoré ce premier roman de Anne May, qui est captivant et intriguant !"

- Le blog de Francis Richard, le 9 mai 2015, http://www.francisrichard.net/2015/05/effets-secondaires-d-anne-may.html

"Cette enquête de Tom est menée sur un rythme haletant. Elle est pleine de rebondissements. Tom et ses proches sont soumis à de rudes épreuves. Finalement il semble bien que le fabuliste avait raison qui disait que la loi du plus fort était toujours la meilleure, surtout s'il bénéficie de la connivence des pouvoirs politique et médiatique. Cependant, l'épilogue se termine sur une lueur d'espoir, auquel ce livre contribue certainement en levant un coin du voile sur des pratiques rien moins que morales."

Olivier May
Excision

Parution avril 2010
ISBN 978-29700598-5-1
120 pages
22 fr.
ou acheter avec
Aayan, étrangement calme jusque-là, sent la peur se matérialiser dans la froideur de cette lame constellée de macules de rouille qui tranchera bientôt à vif sa destinée. Et tout s’enchaîne comme dans un cauchemar. Solidement maintenue dans l’étau de huit mains parentes, troussée jusqu’au nombril. Piqûre, découpe, suture?: excision… exit le clitoris… excisée… Comment dit-on, déjà, en somali?? Elle a oublié, trop euphémique, sans doute…

Genève, 2025. Dans une Suisse où s'affrontent tolérance et fanatisme, trois femmes musulmanes courageuses incarnent cette première voie : Leïla, Conseillère fédérale convertie à l'Islam, la Princesse Khadîja aux idées libérales et la femme-flic Aayan, victime de l'excision. Aayan, avec l'aide d'un journaliste juif, mène une enquête au rythme haletant dans la Cité de Calvin, en quête d'un mobile qui lui échappe.
Un texte saisissant, au style efficace, qui emporte le lecteur dans une véritable cavalcade contre les préjugés et l'extrémisme.

 

CRITIQUES

"[...] Excision est un court roman intelligent à la forme originale et probante qui ne pourra que faire du bien au citoyen qui est en vous, quelle que soit votre position sur ces sujets sensibles. Il faut le lire!"
(http://lameralire.blogspot.com/2010/06/des-armes-ou-lhydre-de-lerne.html)

"[...] bien ancré dans le présent, Olivier May place toute son expérience en ethnologie pour instruire, son véritable métier, ses lecteurs. Une vraie lecture de réflexions efficace."
(http://climaginaire.joueb.com/news/excision)

"Si le titre fait à lui seul frémir en pensant à l'intolérable mutilation qu'il évoque, Olivier May a su trouver les mots justes pour ne pas tomber dans le pathos. [...] Il utilise  le principe d'une enquête policière qui est la trame principale du roman et à travers les souvenirs de son héroïne, nous fait revivre l'enfer qu'elle a connu et surtout qu'elle continue de vivre."
(http://lautremonde.radio.free.fr, recherchez dans la liste littérature/bd)

Olivier May
Djihad Jane et autres nouvelles

Parution août 2016
ISBN
pages
fr.
Les mains de Jane sont en place sous le tissu. — Jane, regarde-moi ! Ouvre cette prison qui cache ton visage ! Tu t'es réfugiée dans une mosquée pour lécher tes blessures. Ça aurait pu être la drogue, un groupe paramilitaire d'extrême droite, le black block, la rue… — Il n'y a plus de Jane, je suis Khadîdja. — Oui, la femme du prophète ! C'est comme ça que tu honores son nom ? Pour moi tu es toujours Jane… Tu te souviens comment on t'appelait ? — C'était une autre personne. — GI Jane. Tu t'étais rasé le crâne et tu exhibais tes piercings. Tu fumais en cachette et tu chantais dans un groupe métal. Tu aimais séduire les garçons et tu étais si sûre de toi !

Dans ce recueil de nouvelles – véritables mythes modernes – Olivier May s’attaque avec une grande maîtrise à des sujets aussi brûlants que l’extrémisme, la mort, la procréation et la chirurgie esthétique. Peu importe le lieu, l’espace et le temps, ce qui importe est le basculement – inéluctable ? - des Hommes vers le Bien ou le Mal. Un univers aussi troublant que captivant à découvrir. 

couverture livre

Yves Mugny
Nazarov ou le vrai fils de l'homme

Parution février 2009
ISBN 978-2-9700598-2-0
176 pages
25 fr.
ou acheter avec
Dans un visage habituel, il se situerait au milieu du nez. Il fait... neuf virgule deux centimètres de large, soit sensiblement la dimension de la bouche?: huit virgule neuf. Il est pourvu de deux caroncules lacrymales, une de chaque côté. Présence de paupières. Absence de cils et de sourcil. Apparemment il ne s’agit pas de deux yeux soudés dans une orbite, mais bel et bien d’un seul œil. J’oublie quelque chose?? – Oui. – Quoi?? – Il est bleu.

Roman construit comme un « polar » mais philosophique, il ouvre une réflexion sur la différence, sur le monde scientifique, sur l’homme. Un cyclope fait son apparition et les passions se déchaînent, les scientifiques se l’arrachent. L’homme soulève curiosité, convoitise, horreur ou compassion. D’où vient-il ? Est-il le fruit d’une mutation spontanée ou celui de manipulations génétiques ? La question fait sens et entraîne le lecteur dans un labyrinthe vertigineux.

 

CRITIQUE

" L'originalité du récit tient essentiellement dans son point de vue. [...]
Et ça marche ! On y croit et on en redemande. Au fur et à mesure de ce road movie
presque planétaire, les intrigues s'entremêlent, des Yéniches, peuple nomade très présent en terre helvétique s'en mêlent et les cartes se brouillent tandis que l'étau se resserre sur notre monstre.
Le tout dans un style ciselé qui permet de mêler fantastique et délires scientifiques sur un ton burlesque débridé avant de nous entraîner vers la chute, inéluctable et émouvante..."
(Olivier May, 19/12/2009)

http://noosfere.org/icarus/Livres/niourf.asp?numlivre=2146576064

dessin tortu et salamandre

André Ourednik
Contes suisses

Parution mai 2013
ISBN 978 2 9700745 7 1
186 pages
25 fr.
ou acheter avec
En bas, au parterre, siégeait la statue pulpeuse d’Helvetia en personne. Olsson la reconnut à son bouclier à croix suisse. Contrairement à la représentation sur les pièces de monnaie, ses seins étaient nus et superbement formés. Elle avait l’air serein comme Pallas Athéna, mais sa peau était réaliste, comme celle de Lénine dans le Mausolée de la Place Rouge. Un nain chauve était assis sur ses genoux, avec un cache-sexe en peau de bête. Il portait des lunettes et une lance beaucoup trop grande pour lui.

Tout, dans ces contes, procède de la jouissance de l’éclatement. Une bombe, que l’humour amorce. Un monde qui n’est plus que miettes. Et que reste-t-il? Des figures mythiques, des nains de jardin, des banquiers, des colporteurs, des ingénieurs, bref tout ce qui fait et la gloire et la crasse de ce petit bout de caillou perdu dans un coin de l’Univers. Ce qu’elles cherchent? un peu de reconnaissance, peut-être aussi un peu d’amour, à l’instar de ce couple si intrigant de la salamandre et de la tortue. Et quoi, au final, de plus attestant que ce rire qui traverse avec brio les thèmes lancinants de l’ère technopathétique et qui ambitionne une relation d’amour critique avec notre monde contemporain.

 

CRITIQUES

"Dès l'abord, le titre du livre intrigue: "Contes suisses". De quoi s'agit-il? Va-t-on parler de l'Alpe, de ponts du diable, de vieux de la montagne, bourrus mais connaissant les plantes? (...) Oui. Et non. A l'arrière-plan de cette série de nouvelles fantastiques, une Helvétie se dessine pourtant. C'est, un peu, celle des cartes postales - avec ses trains panoramiques, ses lacs, ses montagnes à vaches - mais aussi, et même davantage, une Suisse moderne: celle des instituts de recherche de pointe, celle des centres urbains de plus en plus peuplés, du Forum de Davos, des banques et des assurances... 
Et pourtant on ne cesse d'oublier à la lecture de ces "Contes suisses" - même si un décor lausannois surgit ici, tandis qu'ailleurs apparaît une grotte du réduit national ou un chalet du Jura - que le décor est planté ici même. C'est bien de la Suisse (romande surtout) qu'on parle, mais d'une Suisse décalée, en morceaux, une Suisse remodelée par l'auteur. Une Suisse qui dévoile aussi, sous le prétexte de fantastique, mais qui ne cesse de se dérober. (...)
Mais accrochez-vous néanmoins, car le voyage que propose André Ourednik, chercheur et enseignant à l'EPFL, dont c'est le premier livre en prose, n'est pas de tout repos. Il se pourrait que de nombreux accidents surviennent en route, que rien ne se déroule comme prévu et que tout commence par la fin du monde... 
"La Fin du monde" est en effet la nouvelle qui ouvre le recueil. Voilà qui est clair. Nous sommes d'emblée projetés ailleurs dans l'espace-temps et ça risque de durer. Le temps d'un livre au moins, puisque la dernière nouvelle, intitulée "La fin du monde encore une fois, ou comment cela a commencé", répond à la première, et la boucle semble bouclée. (...)
André Ourednik met en oeuvre un art du récit qui vous saisit et vous retient efficacement. Ses contes, à la plume affûtée, semés de références - Nietzsche intervient en personne dans la nouvelle "Die Letzte" tandis que ses robots lisent "La Société du spectacle" de Guy Debord -, dessinent les contours d'un monde inconfortable où le familier peut d'un instant à l'autre basculer dans l'absurde et semer l'effroi. (...)"

Eléonore Sulser, Le Temps, Samedi Culturel, 22 juin 2013

Sugar daddy

Sébastien Ramseier
Sugar daddy
Nouvelles
Parution 2006
ISBN 2-9700429-4-0
159 pages
22 fr.
ou acheter avec
Harry Bolaski était allongé sur le sofa, un énième whisky à la main, à regarder son reflet sur l’écran gris du téléviseur éteint. Il ne pleurait pas. Quatre-vingt-six ans. Le vieux avait eu le temps de s’en payer une bonne tranche, mort quinze ans après sa femme, la mère de Harry. Dans le salon de son père, il se sentait coupé du monde, à l’abri mais aussi prisonnier d’un univers étranger, comme coincé dans un bunker souterrain après l’apocalypse nucléaire ou mieux, dans une de ces petites boules remplies d’eau que l’on secoue pour faire neiger sur un sinistre bonhomme de neige en plastique. Il attendait vainement, espérant qu’une main gigantesque vienne secouer la maison pour tout chambouler, que quelque chose se passe et qu’il cesse de ruminer souvenirs flous et questions sans réponses.

Incisives, souvent burlesques, avec une grande justesse de ton, un sens indéniable de la mise en scène, un zeste de vitriol sur le quotidien de personnages qui se cherchent – vous l’aurez compris, ces nouvelles surprennent. Sébastien Ramseier suit ses personnages pas à pas. Avec acuité, une acuité de scalpel, mais aussi une grande empathie, il leur insuffle vie. Un jeune auteur dont c’est la première publication – à découvrir!

 

CRITIQUES

 "Un recueil de nouvelles au ton incisif, ça fait toujours du bien, surtout que celui-ci est l'oeuvre d'un jeune auteur genevois à la plume plutôt acérée. Une valse de personnages très vivants et une ambiance qui rappelle les nouvelles de Sam Shepard. Well done!"
(La Matin bleu, 9/03/2007)

"Délire sadomasochiste, échangisme, vendetta familiale mafieuse, balade post-mortem, faits divers tragi-comiques, autant d'histoires, de morceaux de vies pris sur le vif. Cet excellent recueil nous fait voyager dans ce monde qui nous entoure quotidiennement , tantôt sensibles, tantôt cruelles, ces histoires sont toujours d'une justesse incisive. Sugar Daddy est la première parution d'un jeune auteur genevois faisant preuve d'une sensibilité  toute particulière. Sébastien Ramseier a le mérite de ne pas juger ses personnages, il les accompagne simplement dans un instant choisi de leurs existences, renforçant par ce biais la puissance de ses récits. Jamais choquantes, malgré les sujets abordés, ces nouvelles surprennent par une teneur richement émotionnelle présente même dans les instants les plus sombres."
(Murmures magazine, n°21, été 2007)

Jean-Daniel Robert
Journal de Noé
Chronique du vieux refuge
Parution novembre 2011
ISBN 978 2 9700745 1 9
256 pages
28 fr.
ou acheter avec
Nous savions que nous allions devoir entrer en clandestinité et vivre en des lieux isolés, élevés et inaccessibles. Mais les inondations en cours ont précipité un mouvement d’exode. Combien de gens vont-ils essayer de se retrancher sur les hauteurs?? Arriveront-ils à s’y acclimater?? Ils ne savent plus faire un feu, laver leur vaisselle ou leur linge autrement qu’avec des machines, ils ne savent plus trouver le manger et le boire… En fait, sans même parler de l’eau qui ne cesse de monter, il y a une immense partie de l’humanité de l’hémisphère nord, bref, notre bonne vieille civilisation, qui est en très grave péril. Mortel, même, faute de simplement savoir encore se débrouiller. Quant à la montée des eaux, plus personne ne sait quand ça s’arrêtera. Et la pluie n’a pas de préférences, entre est et ouest, entre nord et sud. 

Un texte comme un cri, celui de Jean-Daniel Robert, trop long-temps retenu. Un puissant cri de survie, de résistance et de révolte aussi. Le trait est forcé, à la limite de la caricature comme pouvait l’être celui des comédies du Moyen Age. Parfum de fin d’un monde ou espoir de renouveau ?
Jean-Daniel Robert est l’auteur de plus d’une dizaine de recueils poétiques. Ce Genevois collabore à de nombreuses revues. Après Les dravasses, les Editions Encre Fraîche publient Journal de Noé, Chronique du vieux refuge, son deuxième roman.

 

CRITIQUES

 "Notre ami Jean-Daniel Robert vient de nous faire un joli cadeau. Cet agent pastoral genevois, écrivain et poètes à ses heures, nous offre un roman d'anticipation à haute teneur idéologique. Verte, de toute évidence! Désespéré d'assister à l'agonie de notre vieille terre, l'auteur rêve d'un nouveau déluge, d'eau et de neige, pour remettre notre monde à plat. Quelques rares rescapés, dont Noé et sa chère Anne-Catherine, échappent au désastre. A la différence du mythe biblique, ce cataclysme ne doit rien à la colère de Dieu, mais tout à la bêtise humaine qui depuis des lustres joue avec la création en apprenti sorcier. Quand on sème le vent, on ne peut récolter que la tempête!
Curieusement, le séisme ne frappe que l'hémisphère nord de la planète. Du moins, l'auteur ne dit rien des malheurs des terres et des mers du Sud. Il se pourrait même que, sous l'effet d'une pluie généreuse, le Sahara reverdisse. Bref, le châtiment frappe les premiers coupables. Après tout, ce n'est que justice. Les "Nordistes" ne seront qu'une petite centaine à s'accrocher aux sommets des Rocheuses, aux pics himalayens ou aux contreforts des hautes vallées alpestres. Pour la petite histoire, quatre Uranais seulement survivent à l'hécatombe des Suisses allémaniques! Les Romands et les Savoyards ne sont pas mieux lotis. 
En réalité, les rescapés sont des "Justes", comme ceux dont les noms figurent sur le mémorial Yad Vashem de Jérusalem. Ou plutôt des "résistants" qui n'ont pas pactisé avec la mondialisation. Traqués, ils ne portent pas d'étoile jaune. La lettre "R" leur sert de point de ralliement, comme le fameux "Register" que Marie Durand incrusta sur les murs de sa prison provençale.
Cette poignée d'humains a gardé le souvenir des gestes simples et naturels et surtout ceux de l'amour. Des germes de vie prennent forme dans le ventre de femmes réfugiées dans des chalets d'alpage. Jean-Daniel voudrait-il nous inviter à faire partie du club? Il faut se hâter, car le temps court. Le déluge est programmé pour le prochaine décennie! A bon entendeur..."
(info cotmec, Commission Tiers Monde de l'Eglise Catholique, mars 2012, Guy Musy) 

"Il fallait changer d’orientation avant qu’il ne soit trop tard», souligne Noé, narrateur du dernier roman de Jean-Daniel Robert, publié aux éditions genevoises Encre Fraîche. Ce Journal de Noé est une sorte de cri de survie, de rébellion, de résistance également, un appel lancé par le Genevois qui signe, quatre ans après Les Dravasses, sa deuxième œuvre romanesque. Alors que cette année 2012 résonne de propos apocalyptiques, l’ouvrage sous-titré «Chronique du vieux refuge» s’insère dans un contexte de crise globale propice à tous les questionnements.
Le lecteur du Courrier entrera en pays sinon connu, du moins balisé. Cette fiction aux traits cerclés de noir s’inspire des propos des Verts et des «décroissants» pour mettre en scène, dans les Alpes valaisannes, un noyau de rescapés de graves cataclysmes climatiques. Ceux-ci ont, en un âge assez proche du nôtre (le journal comporte des dates tronquées des années 2010 et 2020) tué la majorité de l’humanité. Mais pas de Dieu fâché en régie: les bêtises des pollueurs ont seules généré ce chaos. Sur le tas, alors que ronronnent d’ultimes journaux télévisés (Robert ne porte pas les bulletins d’informations dans son cœur et les baptise «informapubs»!), Noé, sa compagne Anne-Catherine et une poignée de résistants activent des liens d’amour et de solidarité pour tenir bon. Placés au-dessus de l’horreur, ils inaugurent une nouvelle société, une civilisation d’après la mort de la société industrielle. Ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes, sur la solidité d’un groupuscule d’abord anti-conformiste et semi-clandestin (ils évitent mails et mobiles afin de n’être pas localisables). Après la destruction, ils deviennent pionniers d’une ère nouvelle sans Etats. L’ouvrage a priori pessimiste recèle de l’espoir, dès lors qu’il lance un appel à surmonter fatalisme et égoïsme. Le message vert, solidaire et libertaire est servi par des passages souvent dialogués et par le fait que Robert ne se noie pas dans le détail. La place qu’il accorde à la nature, à sa vie sauvage, prête à rêver à une biosphère apte à une poétique résilience écologique."
(Le courrier, 29/01/12, Marc-Olivier Parlatano)

"Et si le monde succombait à ses excès. Depuis plusieurs années, des théories nous effraient sur le monde à venir. Jean-Daniel Robert nous conduit plus loin... Son roman est plutôt d'ailleurs un Objet Littéraire Non Idendifiable, plein de poésie, d'intrigues mais aussi de réflexions, de tendresse, de contemplation, d'appel à la conscience, à l'éthique et à l'espérance (enfin presque...). Cette projection en l'an 202... nous conduit dans un temps incertain où le monde paye le prix de ses excès et où une bande de montagnards se distingue, par son sens de la terre, de l'effort et de l'essentiel. Le journal de Noé est un livre à part, à déguster sans modération..."
(http://www.obiwi.fr/culture/lectures/93566-journal-de-noe-de-jean-daniel-robert) 

 

*

Les dravasses

Jean-Daniel Robert
Les dravasses
Roman
Parution janvier 2008
ISBN 2-9700429-8-3
288 pages
28 fr.
ou acheter avec
II n’avait jamais vu ça. Une bourrasque, et non pas une quelconque bestiole. Un ouragan, oui, qui tourne autour du chalet, soulève les poutraisons, s’insinue sous l’auvent, dans la grange. Vite, fermer, bloquer tout ce qui pourrait s’ouvrir. L’air s’échine, il soulève tout un monde. Gargantuesque; on dirait qu’on a vidé des boîtes d’allumettes, par milliers. Les troncs se mordent les uns, les autres, se cognent aux pierres.

Une saga valaisanne et savoyarde dont les ingrédients sont le silence, l’aveuglement, la jalousie, la haine héréditaire, les non-dits. Jean-Daniel Robert connaît son sujet et nous emmène haletant dans le dédale des intrigues familiales, véritable nœud de vipère au dénouement incertain. L’auteur est un poète et cela se sent dès les premières pages, l’évocation de la nature suggère bien des échos.

 

Sélection Lettres Frontières 2009

 

CRITIQUE

"Un roman suisse haut en couleur. Cette histoire de famille, écrite dans une langue poétique et imagée, nous conduit dans les montagnes, avec ses odeurs, ses personnages très typés. Un livre où l'argent, la jalousie, la haine et les secrets de famille constituent une trame haletante." 
(www.obiwi.fr/culture/lectures/82129-les-dravasses-de-jean-daniel-robert)


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Françoise Roubaudi
Petite Masque

Parution avril 2011
ISBN 978-2-9700598-7-5
88 pages
22 fr.
ou acheter avec
Lorsqu’elle veut faire le portrait de sa mère, de mémoire, contrairement à sa pratique habituelle, d’après modèle, elle s’aperçoit qu’elle a perdu les traits du visage. Maintenant flous et labiles, ils lui échappent. Voilà trois ans qu’elle n’a plus vu sa mère. Rosine l’avait quittée avant la naissance de sa fille, Noun ; elle avait refermé la porte alors, certaine de ne plus revenir, animée d’un sentiment d’urgence et de survie, est-ce pour cela que sa mémoire la trahit ?

Pourquoi Rosine peint-elle tous ces portraits comme autant de « vies silencieuses » ? Que signifient ces photos découpées ? Ces romans inachevés ? Ces vies interrompues trop tôt ? 
Un retour dans la ville de son enfance prendra des allures de cauchemar. Pour une vie plus libre ? 
Un texte comme une brèche dans le temps, un roman beau et émouvant qui ne peut laisser indifférent.

 

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Les cadavres invisibles

Françoise Roubaudi
Les cadavres invisibles
Roman
Parution avril 2008
ISBN 978-29700598-0-6
112 pages
22 fr.
ou acheter avec
Venu on ne savait d’où, de la nuit des temps, du plus profond du dérisoire et de la fugacité de l’instant, je surgissais sur la piste comme une apparition, une surprise prévisible, celle des masques de carnaval. L’éphémère était ma vie.

Comédien burlesque, auteur aphone, comédien contesté, metteur en scène incompris, partenaire d’un couple improbable, le personnage principal connu sous son nom de scène, KA-O, se heurte au silence, à l’absurde, à l’absence. Jusqu’à ce que le voile qui le sépare, le protège en l’isolant, se lève sur une joie aussi inattendue que fragile.

 

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Françoise Roubaudi
Les enfants des rues m’ont appris…
Recueil
Parution novembre 2008
ISBN 978-2-9700598-1-3
128 pages
20 fr.
ou acheter avec
Faire surgir un point d’eau dans le désert pour abreuver hommes, animaux et faire pousser des légumes. Créer, grâce à des panneaux solaires, le seul point lumineux en brousse, à des kilomètres à la ronde, permettant ainsi qu’aient lieu des cours d’alphabétisation pour une population dont seulement une infime minorité a accès à l’écrit. Planter des arbres pour la reforestation de la forêt amazonienne. Bâtir des écoles. Protéger des enfants du tourisme sexuel. Cela vous semble des projets un peu fous??

Dans son recueil de portraits intitulé Les enfants des rues m'ont appris à écouter les oiseaux, Françoise Roubaudi raconte vingt-deux personnalités féminines genevoises, qui œuvrent pour un monde meilleur, à Genève et dans le monde, sur le devant de la scène ou dans l'ombre. Elles se sont lancées sans relâche, chacune à sa façon et à son niveau, dans la lutte contre la pauvreté, la violence ou la maladie. Des textes profonds et sensibles, qui redonnent confiance en l'humain. Enseignante et animatrice d'ateliers d'écriture, Françoise Roubaudi a publié en 2004 un recueil de nouvelles, Un plaisir acide et méchant, en 2008 un roman, Les cadavres invisibles, aux éditions Encre Fraîche.

 

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Un plaisir acide et méchant

Françoise Roubaudi
Un plaisir acide et méchant
Nouvelles
Parution avril 2004
ISBN 2-9700429-1-6
115 pages
22 fr.
ou acheter avec
Un matin, Imelda ouvrit son portail et se trouva face à un mur de pierres, haut de deux mètres cinquante, entourant son jardin. Elle rêvait, probablement. Mais elle venait de s’habiller, d'enfiler ses bottes de caoutchouc (il avait plu toute la nuit et le chemin était boueux). On ne fait pas tout cela en dormant.

Quinze nouvelles totalement originales, sur l'horreur au quotidien. Avec une acuité qui fait peur, Françoise Roubaudi fouille le coeur de ses personnages, si réels qu'ils nous sont proches, si naturellement dérangés qu'ils nous font douter de nous-mêmes.

 

CRITIQUE

"Ce plaisir acide et méchant, c'est celui qu'on prend à lire les quinze nouvelles qui composent ce recueil. Un petit décalage dans la tête des personnages et hop!, voilà un destin individuel qui sombre dans la solitude, la folie ou la mort. Des récits fantastiques attachés à des personnages en train de glisser vers un autre état, la rupture, la chute. [...] Dans ce recueil, la Vaudoise Françoise Roubaudi use d'un style bref et concis, elliptique, dont le lecteur n'a aucun mal à combler les vides, pour dégager en quelques phrases une belle galerie de portraits de personnages si naturellement dérangés. Des contes de la folie ordinaire."
(Jean-François Thomas, 26/10/2004)

Histoires de la porte d'à côté

Valentine Sergo
Histoires de la porte d’à côté
Nouvelles
Parution janvier 2008
ISBN 2-9700429-7-5
96 pages
22 fr.
ou acheter avec
Mon rêve serait d’ouvrir une porte; la porte d’un vieux train italien, elles sont toujours si difficiles à ouvrir: il faut faire basculer la poignée vers le haut de toutes ses forces, et l’on a jamais assez de force car la poignée est toujours trop haute quand on est sur le quai, il aurait pu la baisser un peu, la poignée,... mon rêve.

Valentine Sergo signe ici son premier recueil de nouvelles. Cette auteure travaille à la manière d’une peintre, par petites touches impressionnistes, pour décrire ses personnages, à qui elle insuffle une grande empathie. Ces tableaux sont d’une parfaite justesse d’observation. Un regard très tendre sur «l’humain trop humain».

Olivier Sillig
La Nuit de la musique

Parution avril 2013
ISBN 978 2 9700745 6 4
174 pages
25 fr.
ou acheter avec
Caroline garde ses lèvres contre son oreille, au point de le chatouiller agréablement : - C’est la nuit de la musique. La… la… la… Elle chantonne, en écho des vagues électroniques que diffusent de minuscules haut-parleurs dissimulés çà et là. - Détendez-vous. C’est bon? Bruno lui lance un regard?: - Quoi? Elle lui sourit mais répond en désignant le cocktail Bleu Courbe. Bruno trempe ses lèvres dans le liquide opalin.

Dans une fantasmagorie qui ne dure qu’une nuit, Olivier Sillig nous offre en partage quelques instants de vie phosphorescents où un homme
et une femme se cherchent, se frôlent, se perdent et se retrouvent. Un texte fort qui éclaire à la manière d’un projecteur mobile les vies, les relations de couples, le tourbillon du temps et l’éphémère des rencontres.

Un regard empreint de tendresse, à la fois décapant et impressionniste.


CRITIQUES

Emission "Entre les lignes" consacrée à La Nuit de la musique:
www.rts.ch/espace-2/programmes/entre-les-lignes/4881358-entre-les-lignes-du-21-05-2013.html#4881357 

La Nuit de la musique dans l’émission « Zone critique » sur Espace 2: 
http://www.rts.ch/espace-2/programmes/zone-critique/

Emission « Quartier livres » du « Journal du samedi », La 1ère, présentation de La Nuit de la musique par Geneviève Bridel :
www.rts.ch/la-1ere/programmes/le-journal-du-samedi/

 

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Lyon, simple filature

Olivier Sillig
Lyon, simple filature
Roman
Parution janvier 2008
ISBN 2-9700429-9-1
139 pages
25 fr.
ou acheter avec
Le grand-père était en train de lire une histoire. Roger reconnut un texte de London que lui aussi avait lu, enfant. Le grand-père s'interrompait tout le temps pour expliquer et commenter. Il enrichissait sa lecture d'anecdotes personnelles et vécues. Il discutait certains arguments qui auraient pu être ceux de l'enfant éveillé. Roger avait l'impression d'assister à une conversation téléphonique entre deux êtres, très éloignés, mais affectivement très très proches et dont on n'entendrait qu'un seul locuteur.

Lyon, simple filature parle en touches très délicates de l'enfance. Le ton est d'une grande justesse, la description des caractères fine et pertinente. Le roman parle du funambule qui sommeille en chacun – il suffit parfois de peu, de très peu pour basculer.

 

Prix Bibliomedia 2009

 


CRITIQUES

"Le quatrième roman d'Olivier Sillig publié par Encre fraîche se murmure sur un ton plus feutré, moins épique que les précédents qui jouaient à la lisière du roman historique ou de la science-fiction. [...] Ce roman en demi-teinte fait penser aux dessins de Tardi, dans une France d'avant la télé. Les dialogues ont quelque chose de naïf, d'un peu maladroit; les hasards de la recherche tiennent du conte, ce qui est lié à l'apparente absurdité de la démarche. D'ailleurs tout finit bien. Olivier Sillig signe une oeuvre en mineur, sympathique et un peu grise, comme son héros."
(Isabelle Rüf, Le Temps, 31/05/2008)

"Une histoire sensible, une trame très crédible et une grande humanité dans la description des personnages. Les thèmes de l'enfance, du silence et du secret se lisent en filigrane de l'histoire, qui résiste à toutes les interprétations, mais interpelle vraiment le lecteur."
(Communiqué de presse de Bibliomedia)

"Olivier Sillig, ce trop rare auteur suisse au style délicat et pudique, nous entraîne dans le Lyon des années 50, tressant une atmosphère que Simenon n'aurait pas désavouée. Cette enquête autour de l'absence, c'est presque la matrice ou l'épure du roman policier, mais aussi l'exploration sensible des détresses de l'enfance."
(Le Dauphiné libéré, 26 mai 2008)

 

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Deux bons bougres

Olivier Sillig
Deux bons bougres
Roman
Parution 2006
ISBN 2-9700429-3-2
367 pages
28 fr.
ou acheter avec
L’aube enfin interrompit cette étrange journée. Martin et moi avons encore nettoyé la salle d’opération. Visiblement trop ivre pour nous aider, von Sing restait immobile au centre de sa bibliothèque, toujours très droit, appuyé à une table, perdu vers de très lointains horizons. Nous avons mis quelques bûches pour ranimer le feu et nous sommes partis sur la pointe des pieds. Le soleil, à peine levé, faisait briller de rouge la neige durcie. – Regarde… Martin, désignant d’un index dansant devant lui le nuage de son haleine, dit: Le souffle, la vie... Nous sommes restés longtemps à regarder nos respirations, à les poursuivre et à jouer avec.

Après une rencontre forte, deux adolescents partent à la découverte des Amériques. Sur leur chemin ils se font enrôler dans l'armée et découvrent la barbarie et l'absurdité de la guerre. Eux ne réagissent pas comme des bêtes abruties par le sang. Par cette expérience, ils vont développer leur aptitude à "l'humanitude". Ils vont aussi découvrir l'Amérique après un long périple.

 

Sélection du prix des auditeurs de la RSR 2007

 

CRITIQUES

"Deux gamins jetés dans les tourmentes du XVIIIe siècle, qui traversent gaiement les batailles, les persécutions, les naufrages. Ils finissent par atterrir au Mexique après un épisode idyllique sur une île des Caraïbes peuplée d'Indiens. L'auteur a trop mis dans ce livre : l'horreur des guerres, la misère des campagnes, la rudesse des traversées, le scandale de l'extermination des Indiens, l'ignominie de la colonisation et de l'esclavage. Mais son roman tient par son rythme et sa générosité même."
(Isabelle Rüf, Le Temps, 25/04/2006)

"Olivier Sillig est un auteur rare. À l'écoute du léger bruissement de la vie. André et Martin, deux jeunes gens qui s'aiment, traversent l'Europe au moment de la guerre de Succession d'Espagne, enrôlés comme soldats, ils vont connaître les terreurs des champs de bataille, puis, en route pour l'Amérique, la brutalité de la colonisation et de l'Inquisition. Au gré de leurs rencontres, ils traceront aussi une ligne d'espérance et de bonheur. Par sa simplicité, sa façon délicate d'aborder le monde, ce roman d'Olivier Sillig plonge au cœur de la triste et éblouissante condition humaine.
(Thierry Hubert, Le Dauphiné libéré, 5/06/2006)

 

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La marche du Loup

Olivier Sillig
La Marche du Loup
Roman
Parution 2004
ISBN 2-9700429-3-2
183 pages
25 fr.
ou acheter avec
Deux autres éclairs, immobiles, et fixes et ronds, à quelques mètres, dans le noir immédiat, derrière la fontaine. Wolfgang les a vus. C’est un regard. Lui et une bête, un loup, se fixent sans bouger. Un grand loup noir et un enfant mince avec des cheveux rouges. L’enfant sourit. Le loup peut-être – mais qui sait comment c’est, un sourire de loup ?

Olivier Sillig s’impose par une plume vigoureuse, au rythme bien présent, créant ainsi une musique des mots envoûtante. En jetant les mots ainsi, cela fait naître des images très fortes. Son style est sobre et clair. Il a un univers riche et fouillé. Ses personnages sont attachants, dignes, complexes…profondément humains. Ouvrage fondateur de la maison d’édition…

 

Sélection du Prix TSR du roman 2005

 

CRITIQUES

"Bien que situé en l'an mil, ce n'est pas vraiment un roman historique. Il tient plutôt du conte cruel, avec un fond de réalisme rugueux. Au-delà des étiquettes, ce texte prenant mérite de trouver des lecteurs. [...]
Olivier Sillig jette les événements en phrases brèves, presque sans verbes, lançant des images en gerbe (peut-être parce qu'il est également cinéaste). [...]

Après avoir mené son récit à toute allure, il boucle le cercle de la guerre et des meurtres en laissant entrevoir une petite lueur d'apaisement dans l'égarement des hommes."
(Isabelle Rüf, Le Temps, 4/12/2003) 

"Dans un style dépouillé, descriptif, visuel, en phrases brèves souvent sans verbe, comme des flashes, les faits sont jetés sur les murs, à la va-vite. pas le temps de réfléchir à la construction de la phrase. L'important est de dire. [...] La Marche du Loup par son rythme lancinant, la musique de ses mots, les événements bizarres qui le parsèment appartient ouvertement au registre des récits fantastiques. Un livre envoûtant."
(Jean-François Thomas, 24 heures, 30/12/2004)

"Il y a du roman d'aventures échevelé, et de la fable aussi, dans ce livre captivant du Lausannois Olivier Sillig, qui nous transporte au Moyen Age, dans la foulée d'un personnage épique, né muet et rouge de tignasse, prénommé Wolfgang, surnommé le loup rouge et lancé dans une lutte sans merci contre un duc hermaphrodite très très méchant régnant sur la contrée. Modulant le thème de la dualité de multiples façons, l'auteur excelle à entremêler ses intrigues dans un climat réellement prenant. A relever enfin, après moult tribulations: la fin tout apaisée..."
(24 heures, 10/12/2004)

László Somogyi-Singer, Peter Diener, Ivan Bächer
1944

Parution avril 2010
ISBN 978-2-900598-4-4
136 pages
25 fr.
ou acheter avec
Je n'ai pas la prétention d'écrire un chef-d'œuvre littéraire, mais j'ai la profonde conviction que nous, les derniers survivants (et nous sommes tous les jours de moins en moins nombreux), avons le devoir ou plutôt l'obligation envers nos millions de frères et sœurs assassinés de témoigner. Nous ne pouvons laisser s'enterrer avec nous la mémoire des victimes innocentes de la Shoah. Avec les morts, nous mourrons nous aussi partiellement, mais tant que nous gardons leur mémoire, ils sont parmi nous et ils restent vivants.
Pas besoin de grandes phrases pour décrire ce qui habite encore et pour toujours László et Péter, Juifs hongrois rescapés de la furie des hommes ! Certes, depuis relativement peu, beaucoup de rescapés ont parlé, ont ouvert leur cœur. Il faut dire que le temps a creusé lentement et dans la douleur son sillon. Oui il faut du temps, beaucoup de temps avant de pouvoir parler. Mais ces voix, porteuses d’un destin qu’il est toujours difficile d’imaginer, ressentent un besoin impérieux, un devoir de s’exprimer au nom de tous ceux qui ne sont plus. Et il est du nôtre de leur faire place et de les écouter très humblement. C’est là le chemin de ce livre. Sur les rives du Danube d’Iván Bächer est un court texte qui a beaucoup ému László qui nous l’a alors traduit.
CRITIQUES

"C'est un beau livre de mémoire et d'affection très noble pour les vôtres, dont j'ose dire qu'ils sont aussi les miens. Nous menons le même combat!"
(Extrait d'un message de Jacques Chessex à László Somogyi-Singer à propos de 1944)
"Nous trouvons dans ce recueil des portraits bouleversants de quelques figures de ce peuple juif horriblement persécuté. Souffrances inimaginables qui ne doivent pas faire oublier celles de toutes les victimes de l'oppression politique, d'où qu'elles soient."
(La Vie protestante, juin 2010)

Mathilde Zufferey
La Rôdeuse

Parution avril 2010
ISBN 978-29700598-6-8
208 pages
28 fr.
ou acheter avec
Ne pleure pas, tu verras, tu t’y feras. Regarde, par le carreau on aperçoit ma maison, là, tout près, collée à l’église. De ta chambre, tu pourras voir mon lit, te moquer de moi parce que je dors la bouche ouverte, les cheveux en bataille, comme ça. Devant la grimace de l’homme, Kitty éclate de rire. – Et quand tu n’auras pas sommeil, on s’enverra des signaux avec la lumière?? – Hé, parbleu, comme on va s’amuser tous les deux?! Léon promettrait l’impossible à la fillette qu’il découvre là, touche de lumière dans la pénombre. Accoudée à la table, hors du cercle des villageois assis devant le feu, elle n’est que chagrin.

Une jeune citadine brutalement arrachée aux siens se retrouve dans un village de montagne. Elle va y grandir, aimer âprement et passionnément. En toile de fond, la condition de la femme à la montagne durant la période de la dernière Guerre mondiale. Une guerre qui se déroule ailleurs, mais qui est aussi une métaphore du combat intérieur que mène l'adolescente. Kitty, un personnage attachant, espiègle, imprévisible et exigeant qui se cherche, se perd, se retrouve.

Une écriture souple et dynamique serre le texte de près. L'adolescente, les femmes et les hommes qui traversent ces pages marchent à nos côté bien après que nous ayons refermé le livre.

 

Prix de "La créativité au 3e âge" de la Fondation du Dr Hans Van Tobel

 

CRITIQUES

"J'ai trouvé ce roman juste magnifique ! Un style tout particulier, si délicieux à lire. On se délecte tout le long du récit. Des mots puissants, pleins de tendresse et de poésie, des sentiments profonds, exprimés avec justesse, des personnages attachants, émouvants, vrais. Les acteurs de cette histoire sont tous faciles à aimer. Même ceux qui dévient quelque peu de leur trajectoire… 
Kitty, on se prend d’affection pour elle, du début à la fin, dans ses beaux moments comme dans son mal-être, sa presque folie. On sourit avec elle, on espère pour elle, on est triste pour elle, on a peur pour elle, on pleure quand on la sent perdue, on respire quand elle est sauvée. 
Judith, on l’admire pour ce qu’elle est, pour ce qu’elle a fait, pour sa force, sa joie malgré l’épreuve, son amour malgré la souffrance de la séparation. Léon, on savoure sa gentillesse, sa droiture, son amour indéfectible pour Kitty. Et lorsque l’humain devient animal, on le comprend, on compatit, on l’excuse presque… L’étranger, on devine ses qualités, on a envie qu’il reste pour mieux le connaître, quand il s’en va, on attend son retour avec impatience, quand il est là, on profite de sa présence.
Autant dire que l’auteure a su nous attirer dans son récit, nous mêler à la vie des protagonistes, nous emporter dans leurs joies, leurs douleurs, leurs délires." (http://www.webliterra.ch/BAC/index.php/lus-pour-vous/402-la-rodeuse-mathilde-zufferey,  Marylène Rittiner)

"Original, très bien écrit, passionnant. [...] Un voyage tant extérieur qu'intérieur. A dévorer à pleines dents." (Le Nouvelliste, 15/06/10)
http://www.lenouvelliste.ch/fr/news/sports/que-ferais-je-sans-l-ecriture-0-207451

"Rédigé en phrases courtes, concrètes, bien élaborées, voire poétiques, le récit louvoie entre la description terre à terre d'un monde suranné et l'expression passionnée, parfois fantasmatique, de sentiments exaltés peut-être autobiographiques."
(La Vie protestante, juin 2010)

"Un record du monde? En tout cas, Mathilde Zufferey ne doit pas en être loin. Elle a attendu 91 ans pour publier son premier roman: La Rôdeuse. Et encore! C'est bien parce que son manuscrit a reçu un prix au concours La créativité au 3e âge, de la Fondation du Dr Hans Van Tobel, qu'elle s'est décidée à franchir la porte d'un éditeur. [...]"
(J.-M.R., Génération Plus, juillet-août 2010)