Livres

Kitsune

Amélie Ardiot
Kitsune
Roman
Parution septembre 2007
ISBN 2-9700429-6-7
104 pages
25 fr.
C’était la première fois que j’allais chez Hugo. Hugo, my friend. Il était venu faire sa thèse à Lausanne à cause des montagnes qui poussaient directement dans le lac, expliquait-il, et aussi parce qu’il aimait passionnément le français depuis qu’il avait entendu Béatrice Dalle héler un taxi dans Night of the world.

Kitsune raconte un voyage entre Lausanne et les landes écossaises avec, détail non négligeable, un petit détour par le Japon. L’architecture du roman, qui nous parle d’amitié, d’amour et d’envoûtement, est parfaite. Le lecteur, emporté par ce texte magique à l’imagination foisonnante, ne le quitte qu’à regret. Une écriture musicale, poétique, au service d’un texte, qui nous invite à sa façon à rencontrer un peu de mythologie japonaise. Après la lecture, les mots bourdonnent encore longtemps à nos oreilles.

Sélection du prix des auditeurs de la RSR 2008
 

Critiques:

"Le premier roman d'Amélie Ardiot entrelace une étrange légende japonaise aux landes écossaises et aux rues de Lausanne: Kitsune excelle à créer une atmosphère inquiétante sous la banalité des apparences, distillant à petites doses une tension qui fait mouche. [...]
Amélie Ardiot déroule son intrigue dans une écriture rapide et sensible, au gré de ce roman structuré comme un polar - indices subtils, atmosphères brumeuses, parfum de mystère - pour finir dans la magie d'un conte."
(APD, Le Courrier, 8/12/2007)


"Il en a inspiré, des cauchemars de bonheur tragiques, l'archétype de la renarde, la redoutable, ensorcelante femme renarde qui court dans les collines... Pour son premier roman publié, Amélie Ardiot enlace avec élan ce thème japonisant et le renouvelle par une audacieuse insertion dans un contexte lausanno-écossais qui tranche doublement. Et tisse son motif mythique sur la toile d'une amitié virile, née de l'humour et de la connivence, que va détruire un amour étrange.
Le récit habilement construit mène de façon plausible de l'Université  à un château des Highlands - où on chasse le renard... - avec un intermède décisivement nippon au théâtre de Vidy!
La romancière fait du "je" narrateur un scientifique timoré et casanier qui s'accorde parfois des témérités. Le ton sonne juste, et le sens des atmosphères, les fines observations, les subtilités glissées dans un style pourtant rapide font qu'après avoir savouré les parfums sensuels de ce récit long en bouche, on attend le prochain roman."
(J.PG, 24 heures, 30/11/2007)

"Le premier roman d'Amélie Ardiot, une jeune écrivaine romande, s'avale d'une traite. [...] Le texte d'Amélie Ardiot sonne comme une étrange mélodie. Les mots s'égrènent au fil des pages tels des notes entraînant le lecteur vers l'inconnu, lui ouvrant une voie parsemée d'agréables surprises." (juillet 2008)
(www.murmures.info/index.php?kro=4707&action=view)

Francine Collet
Crabes à l’étouffée

Parution avril 2010
ISBN 978-2-900598-3-7
112 pages
25 fr.
Un matin, alors qu’il se rasait devant le miroir de la salle de bains, j’ai débusqué une fissure dans le marbre de son regard. La statue se désagrégeait, s’effritait, sa superbe se dissolvait dans la buée. Je l’ai vu tomber en petits morceaux sur le carrelage blanc, sa tête plus lourde que le reste se brisant. Et sur le sol, du sang. Tandis que je regardais couler le rouge sur le blanc, j’ai ressenti cette même douloureuse délivrance que lorsque, une fois par mois, du sang s’écoule de moi. Mais cette fois, c’était définitif, la délivrance définitive, la dernière souffrance et déjà le soulagement. En moi, plus rien. Et lui, en morceaux sur le carrelage de la salle de bains.

Dans Crabes à l'étouffée, Francine Collet offre au lecteur avec pudeur et empathie quelques instants de vie. Par petites touches, elle révèle des destinées ancrées dans une humanité sans artifice. Des moments attachants d'êtres fragiles que l'on quitte à regret.

 

Critiques:

"Coup de poing. Ils finissent rarement bien, les brefs récits de la Genevoise Francine Collet, mais leur chute claque si bien et si fort qu'on est obligé de sourire. Les ambiances lorgnent sur le sombre, la folie. Presque toujours, il y a un homme et une femme. Pris dans des attentes ou des rencontres qui avortent. Presque toujours, il y a des complications. Car c'est la solitude qui règne en maîtresse. Des histoires tristes? Non, car les phrases percutent. L'habileté littéraire sauve de la complaisance les personnages, les habillant d'une patine brillante. 3/5"
(Femina, 1er août 2010)


"Dix textes, d'une dizaine de pages en moyenne, qui savent créer une atmosphère particulière d'attente, d'incertitude alimentée par la description foisonnante de détails vrais. Et, comme il se doit, les dénouements sont aussi inattendus que spectaculaires."
(La Vie protestante, juin 2010)


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Francine Collet et Adriana Passini
Passage d'ombre

Parution novembre 2010
ISBN 978-2-8399-0769-9
37 pages
30 fr.

Restée fidèle au procédé argentique, Adriana Passini soigne le cadrage lors de la fixation de l’image et recourt rarement à une correction ultérieure. Son œil est toujours à l’affût de détails qui, à travers son objectif, changent d’échelle, deviennent visibles, essentiels même. Une métamorphose surprenante comme un aboutissement, ou plutôt comme un commencement. L’interprétation de cette nouvelle image peut être multiple, selon la sensibilité et la fantaisie du regard posé sur elle.

C'est ainsi qu'est né ce livre. Francine Collet s'est laissé guider par ces photos sans chercher à savoir ce qu'elles représentaient, elle s'est seulement mise à l'écoute de ce qu'elles lui inspiraient afin d'écrire des histoires aux mille échos. Dans Passage d'ombre, l'écrit ne commente pas la photo et la photo n'illustre pas le texte, mais l'un et l'autre entrent en résonance, témoignant d'une complicité entre deux artistes.

 

Critique:

"C'est un livre dans lequel on peut regarder les photos, ou simplement lire les textes. Mais y associer les deux, en essayant de comprendre la démarche de l'auteur des lignes, est un jeu assez passionnant, même si les motivations et les émotions de Francine Collet resteront toujours pour elle-même."
(Le Dauphiné, 8 janvier 2011)

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Francine Collet
Félicien

Parution avril 2011
ISBN 978-2-9700598-8-2
228 pages
28 fr.
De Félicien, je ne possède qu’une dizaine de photos prises je ne sais quand, je ne sais où. Sur mon bureau, j’ai posé un portrait de lui enchâssé dans un médaillon doré. Il est tel que je ne l’ai jamais connu : jeune, les cheveux gominés, la raie au milieu. C’est en regardant ce portrait qu’est venue l’envie d’écrire sur lui comme si je savais tout de lui. Cela lui aurait certainement plu à Félicien, cette liberté prise avec sa vie. Il était rêveur, cela transparaît dans son regard sur ce portrait jauni. Un regard flou, sans lunettes. Félicien s’extrayait de la réalité en ôtant, cassant ou perdant ses lunettes. Cela pouvait durer quelques minutes, un jour ou plus avant qu’il ne les rechausse. A mon tour maintenant d’oublier mes lunettes et de transcrire ce que je vois. Pour qu’une fois encore, Félicien me serre contre lui.

Comment restituer une existence dont de nombreuses pages se sont égarées pour toujours ? En tissant des bribes de souvenirs avec le fil de l’imaginaire, l’auteure dessine un portrait sincère et touchant de Félicien. L’écriture limpide et toujours subtile de Francine Collet permet ainsi à une mémoire singulière de devenir universelle. 

 

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Le don d'Elise

Francine Collet
Le don d'Elise
Conte de la montagne
Parution septembre 2007
ISBN 2-9700429-5-9
88 pages
22 fr.
L’hiver passa, un hiver rude et sans fin. Quand guignèrent les premières primevères, Albert descendit au village. Il était encore plus maigre et quelque chose brûlait dans ses yeux. Peut-être était-ce l’éclat des flammes qu’il avait trop longtemps contemplées, mais peut-être était-ce l’âme de L’Elise qui s’y était glissée. Au village, personne n’osa lui parler. On l’observa du coin de l’œil, on l’évita pour ne pas le saluer. Non pas qu’on en ait eu peur, non, c’était plutôt parce qu’il était différent. C’était du respect plus que de la crainte. Ou les deux à la fois.

Le don d’Elise, conte de la montagne, est un texte aux multiples résonances, où l’art et le don de guérir affrontent l’âpreté de la nature. Un conte hors du temps, qui évoque le chemin que chacun trace avec ce qui lui a été transmis par les générations précédentes. Une histoire enracinée dans une terre belle et âpre, où la mort rôde parmi les fleurs.

 

Prix de la Société littéraire de Genève 2008
Coup de coeur du jury 2008, Salon du livre de Montagne, Passy (Haute-Savoie)

 

Critiques:

"[...] Elise porte le prénom d'une rebouteuse des alpages décédée. Elle anime ce récit hors du temps qui évoque le chemin que chacun trace avec l'héritage des générations précédentes. A rebours, à des années-lumière de la nervosité vénéneuse du monde moderne, Le Don d'Elise transporte vers un pays rude et beau où la (sur)vie n'a rien d'une sinécure, mais où nul n'est de trop ni déclaré obsolète par l'évolution du marché ou de l'outillage. Une contrée où émotions et chaleur humaine tiennent la première place. Elise blessée ne peut plus cheminer de-ci de-là? Qu'à cela ne tienne, elle contera des histoires - dont celle que le lecteur tiendra entre ses mains. Rien que parce que chacun a une place dans le puzzle social et croit à ce qu'il fait, Le Don d'Elise recèle une précieuse subversion: l'échelle humaine."
(Marc-Olivier Parlatano, Le Courrier, 29/12/2007)

"Après l'Afrique, c'est sur les chemins de l'alpe, parfois inhospitalière mais tant aimée, que s'est rendue Francine Collet. Son art de conteuse s'est affermi et on suit avec un grand plaisir les destins de l'Elise et de ses descendants à travers les joies et les vicissitudes qui marquent la vie des gens simples et profonds.[...]"
(Annette Zimmermann, A tire d'elles/L'Inédite, décembre 2007)

 

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Sous le sourire de la lune

Francine Collet
Sous le sourire de la lune
Chronique
Parution 2006
ISBN 2-9700429-2-4
101 pages
22 fr.
Une moustiquaire, ce n'est pas romantique du tout. Contrairement à ce que je croyais durant mes rêveries adolescentes quand, le nez au plafond, je m'imaginais sous d'autres cieux. Rien à voir avec Out of Africa, version cinéma. Un voile pisseux, brodé de chiures de mouches qu'il faut, moyennant une gymnastique éreintante, coincer sous le matelas, sous peine de risquer la terrible piqûre de l'anophèle. Impossible de sortir avec classe et décontraction de cette cage mal arrimée à des lambourdes sinueuses fixées par la grâce de je ne sais quel esprit à un lit de fer théoriquement prévu pour une personne.

Une écriture souple et déliée pour raconter et raconter encore l’Afrique, son Afrique! Le regard posé sur ce continent est sensible, ouvert et lucide. Il nous permet d’aller à la rencontre de cet autre à la fois infiniment proche et très lointain.

Collectif
Une page et une spatule

Parution avril 2009
ISBN
92 pages
15 fr.
Concours culinairo-littéraire des Editions Encre Fraîche avec la participation de: Florence Grivel, Claude-François Robert, Francine Collet, Laurence Bolomey, François Jolidon, Adrien Glauser, Ysaline Ressort.

Amateurs de mots et de textes, nous publions nos coups de cœur littéraires depuis 2004 déjà. La nouvelle, le roman ou le témoignage ont été ainsi tour à tour l'objet de notre attention.
Il y a quelques mois, le comité d'Encre Fraîche a décidé de lancer un concours de nouvelles. Qui dit concours, dit thème... Autour d'un repas - qui marque de manière rituelle chacun de nos comités - le choix a été vite fait. Aux grands thèmes universels, nous avons préféré les plaisirs de la table. Comment mieux représenter Encre Fraîche qu'en liant une page et une spatule ?
Après quelques mois d'une attente fébrile, les textes nous sont enfin parvenus. Nous les avons goûtés, choisis puis apprêtés. Au tour du lecteur désormais de les découvrir.

 

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animaux portrait

Collectif
A quoi rêvent-ils?

Parution avril 2011
ISBN 978-2-9700745-0-2
168 pages
20 fr.
Concours des Editions Encre Fraîche avec la participation de: Olivier Chapuis, Kanata, Elisabeth Gaillard-Daucourt, Silvia Härri, Christine Doucet, Irène Horst, Lucianne Jaggi, Hélène Dormond, Francine Collet, Olivier May, Adriana Passini, Elsa Bigoni, Diana Sicari.

Suite à une première expérience mêlant la « spatule » gourmande et la « page » littéraire, les éditions Encre Fraîche ont eu envie de lancer un nouveau défi aux amateurs de mots. Suivant ses passions, notre comité a choisi les animaux comme sujet. Quant à l’intitulé du concours auquel les auteurs de ce recueil ont dû se frotter, il se résumait à une phrase : « Les animaux, des êtres humains comme les autres. » Et quelques pistes : l’animal, un objet de consommation ?… Responsabilité de l’homme par rapport à l’animal, spécisme ?… Pas si simple ! Quelques mois plus tard, nous avons pu nous plonger avec curiosité et intérêt dans les textes que nous avons reçus non seulement de Suisse, de France, mais également d’Israël ou encore d’Afrique ! Après d’intéressantes discussions, nous en avons retenu quatorze, que nous avons le plaisir de vous présenter dans le présent recueil. 

Eric Driot
Deux points de suture

Parution avril 2011
ISBN 978-2-9700598-9-9
200 pages
28 fr.
Mais ce n’est rien en comparaison de ce que je dois subir quand il leur prend de s’adresser à moi, je devrais accepter ce qui m’arrive, faire mon deuil alors que je souffre précisément de ne pas être mort, et elles te disent ça avec leur petit air sérieux empreint d’affectation, ce sale petit discours d’institution qui les préserve d’avoir à réfléchir sur leurs inepties. Ils ne comprennent pas parce qu’ils ne veulent pas comprendre, il faudrait que nous soyons des handicapés heureux qu’ils pourront refourguer à la vie civile le plus vite possible. Mais moi je ne veux pas de cette vie de merde et ça, ça les épouvante.

Deux points de suture nous plonge dans l’univers de la plaie. D’abord la souffrance morale, celle d’un professeur de philosophie trop lucide pour survivre à l’hypocrisie exigée par la vie en société ; puis celle physique, qui le déshabille, qui nous l’offre en pâture. C’est une écriture chirurgicale qui tarabuste et qui dérange. Le rythme est rapide, la descente effrénée, le ton sec et sans ornement. L’auteur ne se cache pas, il montre et fait voir l’horreur, sous toutes ses sutures, dans ses moindres recoins. Une expérience des profondeurs. 

Né à Strasbourg en 1965, Eric Driot vit depuis 2002 en Valais. Il travaille à la Clinique romande de réadaptation en tant qu’infirmier. Deux points de suture est son premier roman. 

 

Critique:

"(...) Un texte intéressant qui nous donne à découvrir un monde dur, sec, violent, qui met en scène un professeur de philosophie quelque peu désabusé, qui après des années d'enseignement s'aperçoit que la philosophie et la littérature ne sont plus en odeur de sainteté auprès de nombreux jeunes d'aujourd'hui. Un constat amer d'une société en constante évolution, qui souvent se mord la queue et a perdu nombre de ses repères. Et puis en plus de la souffrance morale, la douleur physique et la déchéance du corps... (...)"
(Le Nouvelliste, 7 juillet 2011, Jean-Marc Theytaz
interview à lire sous www.nouvelliste.ch/fr/news/culture/la-condition-humaine-et-la-souffrance_14-301625) 

Olivier May
Excision

Parution avril 2010
ISBN 978-29700598-5-1
120 pages
25 fr.
Aayan, étrangement calme jusque-là, sent la peur se matérialiser dans la froideur de cette lame constellée de macules de rouille qui tranchera bientôt à vif sa destinée. Et tout s’enchaîne comme dans un cauchemar. Solidement maintenue dans l’étau de huit mains parentes, troussée jusqu’au nombril. Piqûre, découpe, suture?: excision… exit le clitoris… excisée… Comment dit-on, déjà, en somali?? Elle a oublié, trop euphémique, sans doute…

Genève, 2025. Dans une Suisse où s'affrontent tolérance et fanatisme, trois femmes musulmanes courageuses incarnent cette première voie : Leïla, Conseillère fédérale convertie à l'Islam, la Princesse Khadîja aux idées libérales et la femme-flic Aayan, victime de l'excision. Aayan, avec l'aide d'un journaliste juif, mène une enquête au rythme haletant dans la Cité de Calvin, en quête d'un mobile qui lui échappe.
Un texte saisissant, au style efficace, qui emporte le lecteur dans une véritable cavalcade contre les préjugés et l'extrémisme.

 

Critiques:

"[...] Excision est un court roman intelligent à la forme originale et probante qui ne pourra que faire du bien au citoyen qui est en vous, quelle que soit votre position sur ces sujets sensibles. Il faut le lire!"
(http://lameralire.blogspot.com/2010/06/des-armes-ou-lhydre-de-lerne.html)

"[...] bien ancré dans le présent, Olivier May place toute son expérience en ethnologie pour instruire, son véritable métier, ses lecteurs. Une vraie lecture de réflexions efficace."
(http://climaginaire.joueb.com/news/excision)

"Si le titre fait à lui seul frémir en pensant à l'intolérable mutilation qu'il évoque, Olivier May a su trouver les mots justes pour ne pas tomber dans le pathos. [...] Il utilise  le principe d'une enquête policière qui est la trame principale du roman et à travers les souvenirs de son héroïne, nous fait revivre l'enfer qu'elle a connu et surtout qu'elle continue de vivre."
(http://lautremonde.radio.free.fr, recherchez dans la liste littérature/bd)

couverture livre

Yves Mugny
Nazarov ou le vrai fils de l'homme

Parution février 2009
ISBN 978-2-9700598-2-0
176 pages
25 fr.
Dans un visage habituel, il se situerait au milieu du nez. Il fait... neuf virgule deux centimètres de large, soit sensiblement la dimension de la bouche?: huit virgule neuf. Il est pourvu de deux caroncules lacrymales, une de chaque côté. Présence de paupières. Absence de cils et de sourcil. Apparemment il ne s’agit pas de deux yeux soudés dans une orbite, mais bel et bien d’un seul œil. J’oublie quelque chose?? – Oui. – Quoi?? – Il est bleu.

Roman construit comme un « polar » mais philosophique, il ouvre une réflexion sur la différence, sur le monde scientifique, sur l’homme. Un cyclope fait son apparition et les passions se déchaînent, les scientifiques se l’arrachent. L’homme soulève curiosité, convoitise, horreur ou compassion. D’où vient-il ? Est-il le fruit d’une mutation spontanée ou celui de manipulations génétiques ? La question fait sens et entraîne le lecteur dans un labyrinthe vertigineux.

 

Critique:

" L'originalité du récit tient essentiellement dans son point de vue. [...]
Et ça marche ! On y croit et on en redemande. Au fur et à mesure de ce road movie
presque planétaire, les intrigues s'entremêlent, des Yéniches, peuple nomade très présent en terre helvétique s'en mêlent et les cartes se brouillent tandis que l'étau se resserre sur notre monstre.
Le tout dans un style ciselé qui permet de mêler fantastique et délires scientifiques sur un ton burlesque débridé avant de nous entraîner vers la chute, inéluctable et émouvante..."
(Olivier May, 19/12/2009)

http://noosfere.org/icarus/Livres/niourf.asp?numlivre=2146576064

Sugar daddy

Sébastien Ramseier
Sugar daddy
Nouvelles
Parution 2006
ISBN 2-9700429-4-0
159 pages
22 fr.
Harry Bolaski était allongé sur le sofa, un énième whisky à la main, à regarder son reflet sur l’écran gris du téléviseur éteint. Il ne pleurait pas. Quatre-vingt-six ans. Le vieux avait eu le temps de s’en payer une bonne tranche, mort quinze ans après sa femme, la mère de Harry. Dans le salon de son père, il se sentait coupé du monde, à l’abri mais aussi prisonnier d’un univers étranger, comme coincé dans un bunker souterrain après l’apocalypse nucléaire ou mieux, dans une de ces petites boules remplies d’eau que l’on secoue pour faire neiger sur un sinistre bonhomme de neige en plastique. Il attendait vainement, espérant qu’une main gigantesque vienne secouer la maison pour tout chambouler, que quelque chose se passe et qu’il cesse de ruminer souvenirs flous et questions sans réponses.

Incisives, souvent burlesques, avec une grande justesse de ton, un sens indéniable de la mise en scène, un zeste de vitriol sur le quotidien de personnages qui se cherchent – vous l’aurez compris, ces nouvelles surprennent. Sébastien Ramseier suit ses personnages pas à pas. Avec acuité, une acuité de scalpel, mais aussi une grande empathie, il leur insuffle vie. Un jeune auteur dont c’est la première publication – à découvrir!

 

Critique:

 "Un recueil de nouvelles au ton incisif, ça fait toujours du bien, surtout que celui-ci est l'oeuvre d'un jeune auteur genevois à la plume plutôt acérée. Une valse de personnages très vivants et une ambiance qui rappelle les nouvelles de Sam Shepard. Well done!"
(La Matin bleu, 9/03/2007)

"Délire sadomasochiste, échangisme, vendetta familiale mafieuse, balade post-mortem, faits divers tragi-comiques, autant d'histoires, de morceaux de vies pris sur le vif. Cet excellent recueil nous fait voyager dans ce monde qui nous entoure quotidiennement , tantôt sensibles, tantôt cruelles, ces histoires sont toujours d'une justesse incisive. Sugar Daddy est la première parution d'un jeune auteur genevois faisant preuve d'une sensibilité  toute particulière. Sébastien Ramseier a le mérite de ne pas juger ses personnages, il les accompagne simplement dans un instant choisi de leurs existences, renforçant par ce biais la puissance de ses récits. Jamais choquantes, malgré les sujets abordés, ces nouvelles surprennent par une teneur richement émotionnelle présente même dans les instants les plus sombres."
(Murmures magazine, n°21, été 2007)

Les dravasses

Jean-Daniel Robert
Les dravasses
Roman
Parution janvier 2008
ISBN 2-9700429-8-3
288 pages
28 fr.
II n’avait jamais vu ça. Une bourrasque, et non pas une quelconque bestiole. Un ouragan, oui, qui tourne autour du chalet, soulève les poutraisons, s’insinue sous l’auvent, dans la grange. Vite, fermer, bloquer tout ce qui pourrait s’ouvrir. L’air s’échine, il soulève tout un monde. Gargantuesque; on dirait qu’on a vidé des boîtes d’allumettes, par milliers. Les troncs se mordent les uns, les autres, se cognent aux pierres.

Une saga valaisanne et savoyarde dont les ingrédients sont le silence, l’aveuglement, la jalousie, la haine héréditaire, les non-dits. Jean-Daniel Robert connaît son sujet et nous emmène haletant dans le dédale des intrigues familiales, véritable nœud de vipère au dénouement incertain. L’auteur est un poète et cela se sent dès les premières pages, l’évocation de la nature suggère bien des échos.

 

Sélection Lettres Frontières 2009

 

Critique:

"Un roman suisse haut en couleur. Cette histoire de famille, écrite dans une langue poétique et imagée, nous conduit dans les montagnes, avec ses odeurs, ses personnages très typés. Un livre où l'argent, la jalousie, la haine et les secrets de famille constituent une trame haletante." 
(www.obiwi.fr/culture/lectures/82129-les-dravasses-de-jean-daniel-robert)


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Jean-Daniel Robert
Journal de Noé
Chronique du vieux refuge
Parution novembre 2011
ISBN 978 2 9700745 1 9
256 pages
28 fr.
Nous savions que nous allions devoir entrer en clandestinité et vivre en des lieux isolés, élevés et inaccessibles. Mais les inondations en cours ont précipité un mouvement d’exode. Combien de gens vont-ils essayer de se retrancher sur les hauteurs?? Arriveront-ils à s’y acclimater?? Ils ne savent plus faire un feu, laver leur vaisselle ou leur linge autrement qu’avec des machines, ils ne savent plus trouver le manger et le boire… En fait, sans même parler de l’eau qui ne cesse de monter, il y a une immense partie de l’humanité de l’hémisphère nord, bref, notre bonne vieille civilisation, qui est en très grave péril. Mortel, même, faute de simplement savoir encore se débrouiller. Quant à la montée des eaux, plus personne ne sait quand ça s’arrêtera. Et la pluie n’a pas de préférences, entre est et ouest, entre nord et sud. 

Un texte comme un cri, celui de Jean-Daniel Robert, trop long-temps retenu. Un puissant cri de survie, de résistance et de révolte aussi. Le trait est forcé, à la limite de la caricature comme pouvait l’être celui des comédies du Moyen Age. Parfum de fin d’un monde ou espoir de renouveau ?
Jean-Daniel Robert est l’auteur de plus d’une dizaine de recueils poétiques. Ce Genevois collabore à de nombreuses revues. Après Les dravasses, les Editions Encre Fraîche publient Journal de Noé, Chronique du vieux refuge, son deuxième roman.

 

 

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Françoise Roubaudi
Les enfants des rues m’ont appris…
Recueil
Parution novembre 2008
ISBN 978-2-9700598-1-3
128 pages
25 fr.
Faire surgir un point d’eau dans le désert pour abreuver hommes, animaux et faire pousser des légumes. Créer, grâce à des panneaux solaires, le seul point lumineux en brousse, à des kilomètres à la ronde, permettant ainsi qu’aient lieu des cours d’alphabétisation pour une population dont seulement une infime minorité a accès à l’écrit. Planter des arbres pour la reforestation de la forêt amazonienne. Bâtir des écoles. Protéger des enfants du tourisme sexuel. Cela vous semble des projets un peu fous??

Dans son recueil de portraits intitulé Les enfants des rues m'ont appris à écouter les oiseaux, Françoise Roubaudi raconte vingt-deux personnalités féminines genevoises, qui œuvrent pour un monde meilleur, à Genève et dans le monde, sur le devant de la scène ou dans l'ombre. Elles se sont lancées sans relâche, chacune à sa façon et à son niveau, dans la lutte contre la pauvreté, la violence ou la maladie. Des textes profonds et sensibles, qui redonnent confiance en l'humain. Enseignante et animatrice d'ateliers d'écriture, Françoise Roubaudi a publié en 2004 un recueil de nouvelles, Un plaisir acide et méchant, en 2008 un roman, Les cadavres invisibles, aux éditions Encre Fraîche.

 

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Les cadavres invisibles

Françoise Roubaudi
Les cadavres invisibles
Roman
Parution avril 2008
ISBN 978-29700598-0-6
112 pages
22 fr.
Venu on ne savait d’où, de la nuit des temps, du plus profond du dérisoire et de la fugacité de l’instant, je surgissais sur la piste comme une apparition, une surprise prévisible, celle des masques de carnaval. L’éphémère était ma vie.

Comédien burlesque, auteur aphone, comédien contesté, metteur en scène incompris, partenaire d’un couple improbable, le personnage principal connu sous son nom de scène, KA-O, se heurte au silence, à l’absurde, à l’absence. Jusqu’à ce que le voile qui le sépare, le protège en l’isolant, se lève sur une joie aussi inattendue que fragile.

 

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Françoise Roubaudi
Petite Masque

Parution avril 2011
ISBN 978-2-9700598-7-5
88 pages
22 fr.
Lorsqu’elle veut faire le portrait de sa mère, de mémoire, contrairement à sa pratique habituelle, d’après modèle, elle s’aperçoit qu’elle a perdu les traits du visage. Maintenant flous et labiles, ils lui échappent. Voilà trois ans qu’elle n’a plus vu sa mère. Rosine l’avait quittée avant la naissance de sa fille, Noun ; elle avait refermé la porte alors, certaine de ne plus revenir, animée d’un sentiment d’urgence et de survie, est-ce pour cela que sa mémoire la trahit ?

Pourquoi Rosine peint-elle tous ces portraits comme autant de « vies silencieuses » ? Que signifient ces photos découpées ? Ces romans inachevés ? Ces vies interrompues trop tôt ? 
Un retour dans la ville de son enfance prendra des allures de cauchemar. Pour une vie plus libre ? 
Un texte comme une brèche dans le temps, un roman beau et émouvant qui ne peut laisser indifférent.

 

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Un plaisir acide et méchant

Françoise Roubaudi
Un plaisir acide et méchant
Nouvelles
Parution avril 2004
ISBN 2-9700429-1-6
115 pages
22 fr.
Un matin, Imelda ouvrit son portail et se trouva face à un mur de pierres, haut de deux mètres cinquante, entourant son jardin. Elle rêvait, probablement. Mais elle venait de s’habiller, d'enfiler ses bottes de caoutchouc (il avait plu toute la nuit et le chemin était boueux). On ne fait pas tout cela en dormant.

Quinze nouvelles totalement originales, sur l'horreur au quotidien. Avec une acuité qui fait peur, Françoise Roubaudi fouille le coeur de ses personnages, si réels qu'ils nous sont proches, si naturellement dérangés qu'ils nous font douter de nous-mêmes.

 

Critique:

"Ce plaisir acide et méchant, c'est celui qu'on prend à lire les quinze nouvelles qui composent ce recueil. Un petit décalage dans la tête des personnages et hop!, voilà un destin individuel qui sombre dans la solitude, la folie ou la mort. Des récits fantastiques attachés à des personnages en train de glisser vers un autre état, la rupture, la chute. [...] Dans ce recueil, la Vaudoise Françoise Roubaudi use d'un style bref et concis, elliptique, dont le lecteur n'a aucun mal à combler les vides, pour dégager en quelques phrases une belle galerie de portraits de personnages si naturellement dérangés. Des contes de la folie ordinaire."
(Jean-François Thomas, 26/10/2004)

 

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Histoires de la porte d'à côté

Valentine Sergo
Histoires de la porte d’à côté
Nouvelles
Parution janvier 2008
ISBN 2-9700429-7-5
96 pages
25 fr.
Mon rêve serait d’ouvrir une porte; la porte d’un vieux train italien, elles sont toujours si difficiles à ouvrir: il faut faire basculer la poignée vers le haut de toutes ses forces, et l’on a jamais assez de force car la poignée est toujours trop haute quand on est sur le quai, il aurait pu la baisser un peu, la poignée,... mon rêve.

Valentine Sergo signe ici son premier recueil de nouvelles. Cette auteure travaille à la manière d’une peintre, par petites touches impressionnistes, pour décrire ses personnages, à qui elle insuffle une grande empathie. Ces tableaux sont d’une parfaite justesse d’observation. Un regard très tendre sur «l’humain trop humain».

 

Lyon, simple filature

Olivier Sillig
Lyon, simple filature
Roman
Parution janvier 2008
ISBN 2-9700429-9-1
139 pages
25 fr.
Le grand-père était en train de lire une histoire. Roger reconnut un texte de London que lui aussi avait lu, enfant. Le grand-père s'interrompait tout le temps pour expliquer et commenter. Il enrichissait sa lecture d'anecdotes personnelles et vécues. Il discutait certains arguments qui auraient pu être ceux de l'enfant éveillé. Roger avait l'impression d'assister à une conversation téléphonique entre deux êtres, très éloignés, mais affectivement très très proches et dont on n'entendrait qu'un seul locuteur.

Lyon, simple filature parle en touches très délicates de l'enfance. Le ton est d'une grande justesse, la description des caractères fine et pertinente. Le roman parle du funambule qui sommeille en chacun – il suffit parfois de peu, de très peu pour basculer.

 

Prix Bibliomedia 2009

 


Critiques:

"Le quatrième roman d'Olivier Sillig publié par Encre fraîche se murmure sur un ton plus feutré, moins épique que les précédents qui jouaient à la lisière du roman historique ou de la science-fiction. [...] Ce roman en demi-teinte fait penser aux dessins de Tardi, dans une France d'avant la télé. Les dialogues ont quelque chose de naïf, d'un peu maladroit; les hasards de la recherche tiennent du conte, ce qui est lié à l'apparente absurdité de la démarche. D'ailleurs tout finit bien. Olivier Sillig signe une oeuvre en mineur, sympathique et un peu grise, comme son héros."
(Isabelle Rüf, Le Temps, 31/05/2008)

"Une histoire sensible, une trame très crédible et une grande humanité dans la description des personnages. Les thèmes de l'enfance, du silence et du secret se lisent en filigrane de l'histoire, qui résiste à toutes les interprétations, mais interpelle vraiment le lecteur."
(Communiqué de presse de Bibliomedia)

"Olivier Sillig, ce trop rare auteur suisse au style délicat et pudique, nous entraîne dans le Lyon des années 50, tressant une atmosphère que Simenon n'aurait pas désavouée. Cette enquête autour de l'absence, c'est presque la matrice ou l'épure du roman policier, mais aussi l'exploration sensible des détresses de l'enfance."
(Le Dauphiné libéré, 26 mai 2008)

 

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Deux bons bougres

Olivier Sillig
Deux bons bougres
Roman
Parution 2006
ISBN 2-9700429-3-2
367 pages
33 fr.
L’aube enfin interrompit cette étrange journée. Martin et moi avons encore nettoyé la salle d’opération. Visiblement trop ivre pour nous aider, von Sing restait immobile au centre de sa bibliothèque, toujours très droit, appuyé à une table, perdu vers de très lointains horizons. Nous avons mis quelques bûches pour ranimer le feu et nous sommes partis sur la pointe des pieds. Le soleil, à peine levé, faisait briller de rouge la neige durcie. – Regarde… Martin, désignant d’un index dansant devant lui le nuage de son haleine, dit: Le souffle, la vie... Nous sommes restés longtemps à regarder nos respirations, à les poursuivre et à jouer avec.

Après une rencontre forte, deux adolescents partent à la découverte des Amériques. Sur leur chemin ils se font enrôler dans l'armée et découvrent la barbarie et l'absurdité de la guerre. Eux ne réagissent pas comme des bêtes abruties par le sang. Par cette expérience, ils vont développer leur aptitude à "l'humanitude". Ils vont aussi découvrir l'Amérique après un long périple.

 

Sélection du prix des auditeurs de la RSR 2007

 

Critiques:

"Deux gamins jetés dans les tourmentes du XVIIIe siècle, qui traversent gaiement les batailles, les persécutions, les naufrages. Ils finissent par atterrir au Mexique après un épisode idyllique sur une île des Caraïbes peuplée d'Indiens. L'auteur a trop mis dans ce livre : l'horreur des guerres, la misère des campagnes, la rudesse des traversées, le scandale de l'extermination des Indiens, l'ignominie de la colonisation et de l'esclavage. Mais son roman tient par son rythme et sa générosité même." (Isabelle Rüf, Le Temps, 25/04/2006)

"Olivier Sillig est un auteur rare. À l'écoute du léger bruissement de la vie. André et Martin, deux jeunes gens qui s'aiment, traversent l'Europe au moment de la guerre de Succession d'Espagne, enrôlés comme soldats, ils vont connaître les terreurs des champs de bataille, puis, en route pour l'Amérique, la brutalité de la colonisation et de l'Inquisition. Au gré de leurs rencontres, ils traceront aussi une ligne d'espérance et de bonheur. Par sa simplicité, sa façon délicate d'aborder le monde, ce roman d'Olivier Sillig plonge au cœur de la triste et éblouissante condition humaine. (Thierry Hubert, Le Dauphiné libéré, 5/06/2006)

 

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La marche du Loup

Olivier Sillig
La Marche du Loup
Roman
Parution 2004
ISBN 2-9700429-3-2
183 pages
28 fr.
Deux autres éclairs, immobiles, et fixes et ronds, à quelques mètres, dans le noir immédiat, derrière la fontaine. Wolfgang les a vus. C’est un regard. Lui et une bête, un loup, se fixent sans bouger. Un grand loup noir et un enfant mince avec des cheveux rouges. L’enfant sourit. Le loup peut-être – mais qui sait comment c’est, un sourire de loup ?

Olivier Sillig s’impose par une plume vigoureuse, au rythme bien présent, créant ainsi une musique des mots envoûtante. En jetant les mots ainsi, cela fait naître des images très fortes. Son style est sobre et clair. Il a un univers riche et fouillé. Ses personnages sont attachants, dignes, complexes…profondément humains. Ouvrage fondateur de la maison d’édition…

 

Sélection du Prix TSR du roman 2005

 

Critiques:

"Bien que situé en l'an mil, ce n'est pas vraiment un roman historique. Il tient plutôt du conte cruel, avec un fond de réalisme rugueux. Au-delà des étiquettes, ce texte prenant mérite de trouver des lecteurs. [...]
Olivier Sillig jette les événements en phrases brèves, presque sans verbes, lançant des images en gerbe (peut-être parce qu'il est également cinéaste).
[...]
Après avoir mené son récit à toute allure, il boucle le cercle de la guerre et des meurtres en laissant entrevoir une petite lueur d'apaisement dans l'égarement des hommes."
(Isabelle Rüf, Le Temps, 4/12/2003) 

"Dans un style dépouillé, descriptif, visuel, en phrases brèves souvent sans verbe, comme des flashes, les faits sont jetés sur les murs, à la va-vite. pas le temps de réfléchir à la construction de la phrase. L'important est de dire. [...] La Marche du Loup par son rythme lancinant, la musique de ses mots, les événements bizarres qui le parsèment appartient ouvertement au registre des récits fantastiques. Un livre envoûtant."
(Jean-François Thomas, 24 heures, 30/12/2004)

"Il y a du roman d'aventures échevelé, et de la fable aussi, dans ce livre captivant du Lausannois Olivier Sillig, qui nous transporte au Moyen Age, dans la foulée d'un personnage épique, né muet et rouge de tignasse, prénommé Wolfgang, surnommé le loup rouge et lancé dans une lutte sans merci contre un duc hermaphrodite très très méchant régnant sur la contrée. Modulant le thème de la dualité de multiples façons, l'auteur excelle à entremêler ses intrigues dans un climat réellement prenant. A relever enfin, après moult tribulations: la fin tout apaisée..."
(24 heures, 10/12/2004)

László Somogyi-Singer, Peter Diener, Ivan Bächer
1944

Parution avril 2010
ISBN 978-2-900598-4-4
136 pages
25 fr.
Je n'ai pas la prétention d'écrire un chef-d'œuvre littéraire, mais j'ai la profonde conviction que nous, les derniers survivants (et nous sommes tous les jours de moins en moins nombreux), avons le devoir ou plutôt l'obligation envers nos millions de frères et sœurs assassinés de témoigner. Nous ne pouvons laisser s'enterrer avec nous la mémoire des victimes innocentes de la Shoah. Avec les morts, nous mourrons nous aussi partiellement, mais tant que nous gardons leur mémoire, ils sont parmi nous et ils restent vivants.
Pas besoin de grandes phrases pour décrire ce qui habite encore et pour toujours László et Péter, Juifs hongrois rescapés de la furie des hommes ! Certes, depuis relativement peu, beaucoup de rescapés ont parlé, ont ouvert leur cœur. Il faut dire que le temps a creusé lentement et dans la douleur son sillon. Oui il faut du temps, beaucoup de temps avant de pouvoir parler. Mais ces voix, porteuses d’un destin qu’il est toujours difficile d’imaginer, ressentent un besoin impérieux, un devoir de s’exprimer au nom de tous ceux qui ne sont plus. Et il est du nôtre de leur faire place et de les écouter très humblement. C’est là le chemin de ce livre.
Sur les rives du Danube d’Iván Bächer est un court texte qui a beaucoup ému László qui nous l’a alors traduit.

Critiques:

"C'est un beau livre de mémoire et d'affection très noble pour les vôtres, dont j'ose dire qu'ils sont aussi les miens. Nous menons le même combat!" (Extrait d'un message de Jacques Chessex à László Somogyi-Singer à propos de 1944)
"Nous trouvons dans ce recueil des portraits bouleversants de quelques figures de ce peuple juif horriblement persécuté. Souffrances inimaginables qui ne doivent pas faire oublier celles de toutes les victimes de l'oppression politique, d'où qu'elles soient." (La Vie protestante, juin 2010)

Mathilde Zufferey
La Rôdeuse

Parution avril 2010
ISBN 978-29700598-6-8
208 pages
28 fr.
Ne pleure pas, tu verras, tu t’y feras. Regarde, par le carreau on aperçoit ma maison, là, tout près, collée à l’église. De ta chambre, tu pourras voir mon lit, te moquer de moi parce que je dors la bouche ouverte, les cheveux en bataille, comme ça. Devant la grimace de l’homme, Kitty éclate de rire. – Et quand tu n’auras pas sommeil, on s’enverra des signaux avec la lumière?? – Hé, parbleu, comme on va s’amuser tous les deux?! Léon promettrait l’impossible à la fillette qu’il découvre là, touche de lumière dans la pénombre. Accoudée à la table, hors du cercle des villageois assis devant le feu, elle n’est que chagrin.

Une jeune citadine brutalement arrachée aux siens se retrouve dans un village de montagne. Elle va y grandir, aimer âprement et passionnément. En toile de fond, la condition de la femme à la montagne durant la période de la dernière Guerre mondiale. Une guerre qui se déroule ailleurs, mais qui est aussi une métaphore du combat intérieur que mène l'adolescente. Kitty, un personnage attachant, espiègle, imprévisible et exigeant qui se cherche, se perd, se retrouve.

Une écriture souple et dynamique serre le texte de près. L'adolescente, les femmes et les hommes qui traversent ces pages marchent à nos côté bien après que nous ayons refermé le livre.

 

Prix de "La créativité au 3e âge" de la Fondation du Dr Hans Van Tobel

 

Critiques:

"Original, très bien écrit, passionnant. [...] Un voyage tant extérieur qu'intérieur. A dévorer à pleines dents." (Le Nouvelliste, 15/06/10)
http://www.lenouvelliste.ch/fr/news/sports/que-ferais-je-sans-l-ecriture-0-207451

"Rédigé en phrases courtes, concrètes, bien élaborées, voire poétiques, le récit louvoie entre la description terre à terre d'un monde suranné et l'expression passionnée, parfois fantasmatique, de sentiments exaltés peut-être autobiographiques." (La Vie protestante, juin 2010)

"Un record du monde? En tout cas, Mathilde Zufferey ne doit pas en être loin. Elle a attendu 91 ans pour publier son premier roman: La Rôdeuse. Et encore! C'est bien parce que son manuscrit a reçu un prix au concours La créativité au 3e âge, de la Fondation du Dr Hans Van Tobel, qu'elle s'est décidée à franchir la porte d'un éditeur. [...]"
(J.-M.R., Génération Plus, juillet-août 2010)